Balade matinale en Languedoc

Une ribambelle d'escargots ont élu domicile sur les herbes les plus solides. Crédit photo : Isabelle Artus
Sur la départementale près de Vias, une ribambelle d’escargots a élu domicile sur les herbes les plus vigoureuses. Crédits photo : Isabelle Artus
Il a plu la veille dans la nuit et ce matin, le ciel est encore chargé de nuages noirs. La campagne respire la terre humide. Cette marche matinale à la sortie du bourg de Vias, en Languedoc, me remplit de bonheur.
Sur la départementale assez chaotique par endroits, je ne croise aucune voiture, juste un cycliste en habit de courreur professionnel et un joggeur aux foulées régulières.
Calme plat donc à l’horizon. Le bas-côté de la route est peuplé de ribambelles d’escargots à la queue leu leu le long d’herbes sèches et de fenouils sauvages, par grappes. De délicats petits liserons roses, d’autres blancs, colorent l’herbe de ci, de là.
Je passe devant le champs des deux poneys dont le propriétaire s’occupe avec soin et beaucoup de présence. Son jardin potager, au milieu, a belle allure ; de la route, on peut en apercevoir les pieds de tomates dépasser, tout droits.
Près de Vias, Languedoc. Crédits photo : Isabelle Artus
Bas-côtés près de Vias, Languedoc. Crédits photo : Isabelle Artus
Un vol d’une dizaine de petits oiseaux en voyage de groupe se met à raser l’herbe plus loin. Ils semblent s’amuser. Un coq lance son chant dont la partition coupe l’atmosphère aussi sec. La joie m’envahit. Ces bruits qui rythment la campagne constituent pour moi de réels repères d’équilibre, un vrai soulagement de l’âme.
Tout d’un coup, l’envie me prend d’observer la campagne environnante en profondeur. Pourquoi les papillons sont-ils si rares ici et de nos jours en général ? Les sauterelles ont-elles disparu ? Je n’en vois pas. Je me souviens qu’en Provence, tous rivalisaient de couleurs. Avec mon frère et ma soeur, nous adorions donner un peu d’élan aux insectes sauteurs en touchant doucement leur arrière-train. Certains étaient bleus, d’autres rouges, jaunes, et jusqu’au dernier moment, c’est-à-dire leur saut, on se demandait quelle couleur avait leurs ailes.
Rencontre avec un habitant des bas-côté vers Vias, Languedoc. Crédits photo : Isabelle Artus
Rencontre avec un habitant des talus vers Vias, Languedoc. Crédits photo : Isabelle Artus
Ici, les amandiers sont « caffis » de fruits secs, un mot d’ici qui veut dire « pleins », leurs peaux épaisses devenues noires entrouvertes, découvrant les coques blondes.
Arrivée au carrefour de la route qui mène à l’exploitation viticole abandonnée et son magnifique ancien bâtiment aux dimensions gigantesques, je décide de faire demi-tour. Le temps me manque.
Puis, le soleil opère une trouée qui change totalement l’atmosphère alentour. Tout d’un coup, il fait très chaud. La promenade se termine.
A bientôt au détour des chemins de campagne.
Isabelle Artus
Crédits photo : Isabelle Artus
Crédits photo : Isabelle Artus

Billet d’humeur printanière

Un crocus, dans les premières fleurs à sortir de terre au jardin partagé des Nouzeaux, à Malakoff. Photo : Isabelle Artus
Un crocus, parmi les premières fleurs à sortir de terre au jardin partagé des Nouzeaux, à Malakoff. Photo : Isabelle Artus

Depuis plusieurs jours, le printemps pointe le bout de son air près de Paris. Il sera là demain. Dans un ciel encore incertain, l’annonce des beaux jours gagne du terrain et flotte déjà de-ci, de-là. L’idée me vient d’écrire un billet d’humeur printanière, que voici.

Pourtant il fait gris, il pleuvote même, mais la nature bourgeonne et l’air est de nouveau accueillant. Une nouvelle respiration s’installe partout. Plus légère, plus fluide, on aurait envie de s’y baigner.

Dans le train qui va à Montparnasse, un ciré jaune rayonne debout, prêt pour sortir. Il réveille le regard, au milieu du noir et gris d’usage. Un peu plus tard, un vieil homme fait l’aumône dans le métro. Il est 9h30 du matin. Une jolie femme lisant un livre en arabe lui donne une pièce de monnaie. Une deuxième fait pareil. « Voilà les gens disposés à être généreux à cette heure », me dis-je.

Je réalise que je me sens portée par la belle saison qui arrive, avec la sensation interne que son énergie bienfaisante irradie.

Dans le Languedoc, les amandiers sauvages sont parmi les premiers à fleurir la campagne.  Photo : Isabelle Artus
Dans le Languedoc, les amandiers sauvages sont parmi les premiers à fleurir la campagne.
Photo : Isabelle Artus

Plus au Sud, le printemps est déjà là. Les amandiers sauvages sont les premiers à fleurir la campagne. Avec eux, les champs sont à la noce et des effluves de miel embaument l’atmosphère.

Quand le ciel est chargé, il fait frais dehors, ce qui nous fait dire que l’hiver n’est pas bien loin. Mais la nature, dans sa grande puissance de vie, annonce sa saison de renouveau et suit inlassablement son rythme de croissance.

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Isabelle Artus