Pleins feux sur la « Nuit de la lumière »

La troupe de la compagnie Karnavires, à Toulouse, le 1er juillet 2016. Photo : Isabelle Artus

La compagnie Karnavires, à Toulouse, le 1er juillet 2016. Photo : Isabelle Artus

Belle soirée festive pour la « Nuit de la lumière » ce vendredi 1er juillet, organisée par le centre culturel Bonnefoy dans l’agréable parc Michelet.  

Bien-être au vert, convivialité sous les arbres au son de chansons françaises reprises en chœur par le public, duo de comédiens talentueux, production pyrotechnique spectaculaire, il faisait bon être là hier.

Tandis que les deux complices à l’humour décalé de la compagnie 24 carats déambulaient entre le public sur la pelouse et près de la buvette, les enfants s’amusaient sous les arbres aux jeux d’extérieur.

Moments de poésie entre jeux de lumières et reflets sur l'eau. Photo : Isabelle Artus
Moments de poésie entre jeux de lumières et reflets sur l’eau. Photo : Isabelle Artus

La nuit venue, la troupe Karnavires a déployé son spectacle pyrotechnique grand format devant le bassin. Une performance poétique où des personnages venus d’un pays aux longs chapeaux et aux tuniques colorées ont fait jaillir et virevolter mille feux.

Un spectacle créatif mais aussi très technique ce vendredi 1er juillet à Toulouse pour la Nuit de la lumière. Photo : Isabelle Artus
Un spectacle créatif mais aussi très technique ce vendredi 1er juillet à Toulouse pour la Nuit de la lumière. Photo : Isabelle Artus

Isabelle Artus

POUR  EN  SAVOIR  PLUS

Site du duo clownesque de la compagnie 24 carats 

Vidéo de la compagnie Karnavires 

L’ oasis de Maxime

 

Une oasis de verdure rafraîchissant en pleine ville. Crédits Photo : Isabelle Artus
Une oasis de verdure rafraîchissante en pleine ville. Crédits Photo : Isabelle Artus

Je rentrais chez moi en vélo par un bel après-midi de printemps, enfin ensoleillé.

En passant devant la vieille maison toulousaine, la seule du quartier des Mazades à garder son caractère intact, avec son grand jardin naturel aux  arbres centenaires sans doute, je vis un homme près du grillage. « Il y a quand même quelqu’un ici », pensais-je.

Souvent, je me suis arrêtée devant, véritable oasis en pleine ville, la végétation cachant ce carré de verdure tout en longueur et, au fond, la bâtisse se devinant entre les branchages.

D’une stature d’environ 1m80, élancé et costaud, l’homme était vêtu d’un jean usé, d’une chemise blanche légèrement ouverte et parlait avec un jeune homme noir, de l’autre côté du grillage. En me voyant arriver, il se tourna aussitôt pour rentrer chez lui et le jeune homme s’effaça, plus rapide que l’éclair, pour disparaitre. Je pris sa place derrière le grillage.

« Monsieur ! », « Monsieur ! » appelais-je d’une voix assez forte pour qu’il m’entende. Il se retourna et vint vers moi.

Comme il me fixait étrangement, je lui expliquais que j’étais nouvelle résidente du voisinage et que sa maison m’inspirais. « J’en vois beaucoup, des promoteurs immobiliers, vous savez ! », me lança t-il en grimaçant, jetant un œil observateur sur mon deux roues.

Puis, il me raconta sa vie dans un flot continu de paroles car il avait envie de discuter. Sa compagne était très avare, il connaissait bien le Jura et avait beaucoup randonné, surtout vers Nice. D’ailleurs, il connaissait bien la ville pour y avoir vécu jeune-homme. Il habitait alors dans une caravane, « vous savez, je travaillais toute la journée, c’était pratique ». Et beaucoup plus de souvenirs encore…

Aujourd’hui, le vieux voisin coupe du bois dehors et donne à manger à ses lapins angora. « Les gens font des trous dans le grillage pour les nourrir mais ils peuvent s’échapper, je leur ai déjà dit mille fois… »

 Alors que je lui faisais remarquer la beauté sauvage de sa propriété, l’unique véritable ilot de biodiversité restant du quartier, il reprit : « Ils veulent faire des lots. Quand je serais mort, on ne pourra plus rien, tous mes frères et sœurs ont déjà une maison, alors… ».

Mon voisin à 82 ans et nous l’appellerons Maxime.

Il connaît la valeur d’un arbre, le temps qu’il met à devenir adulte, l’ombre fraîche qu’il procure en été, les fleurs où les abeilles peuvent butiner, les papillons qui aiment à s’y attarder et les milliers d’insectes et petites bêtes qui le peuplent et l’enrichissent. Maxime vit en harmonie avec son environnement, sans le détruire, et il y vit heureux. Longue vie Maxime car nous aussi nous profitons de votre jardin !

Isabelle Artus

Culturepositive se fixe à Toulouse

Culturepositive prend la couleur de la brique rose. Le blog quitte Paris pour le Sud. Pour de bon. Le Sud-Ouest plus exactement et Toulouse précisément.

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La majestueuse Place du Capitole. Crédits Photo : Isabelle Artus.            

Un peu plus d’un mois déjà à Toulouse et une envie de raconter cette ville haute en couleurs, rurale et européenne, entre champs, montagne et mer.

Mais par quels mots en parler alors que je la découvre encore ? Et puis, Nougaro l’a tellement bien décrite que la barre est hors d’atteinte.

J’ai donc décidé de rendre l’exercice léger, partir l’appareil photo 55 mm en bandoulière et raconter de façon impressionniste mes premiers pas sur son sol.

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Avec les premiers beaux jours, les Toulousains profitent des rives de la Garonne. Crédits photo : Isabelle Artus 
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Crédits photo : Isabelle Artus 

Vous savez, ici les vieux ont des cannes.

Ici, on dit « au revoir et merci !  » au chauffeur en descendant du bus. Ici, la parole est large et facile, et d’ailleurs, c’est déjà beaucoup l’Espagne.

Ici, dans le métro, une voix vous annonce les stations en français et en occitan, cela chante d’une manière unique et puis la programmation musicale vibre plaisamment relax.

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Rue vers la place Saint Sernin. Crédits photo : Isabelle Artus

Hier, aux Minimes, un poivrot dans la rue m’a réclamé un peu d’argent « pour acheter de l’eau », l’air tout naturel. Ils n’ont pas froid aux yeux ici.

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L’hôtel renaissance d’Assézat, abrite depuis 1995 la fondation Bemberg, créée par le collectionneur humaniste George Bemberg. Crédits photos : Isabelle Artus   

A la fondation Bemberg, dans le joli hôtel d’Assézat, on peut voir les œuvres de très près sur deux étages. Quel plaisir et quel luxe ! En plus, il n’y a pas foule aujourd’hui dans les petites pièces en enfilade décorées de peinture renaissance à vénitienne du XVIIIe siècle, de Bonnard aux Fauves ; on se sent vraiment comme chez soi.

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Place dans l’hyper centre. Crédits photo : Isabelle Artus
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Rue médiévale avec des maisons à colombages. Crédits photo : Isabelle Artus         

Sur la magistrale place du Capitole, devant l’Hôtel de ville, les jeunes de #NuitDebout tiennent le pavé. Sur leur pancartes, on peut lire : « On capitule pas, on Capitole ».

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Les jeunes de #Nuitdebout en fin d’après-midi au Capitole. crédits photo : Isabelle Artus 
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Signalétique de récupération : le débat, c’est par là. Crédit photo : Isabelle Artus

Cela fait plusieurs nuits qu’ils ne dorment pas, discutent, votent, échangent. Ils veulent réinventer un monde meilleur et distillent leur courage et leur envie de faire bouger les lignes d’une société qui ne leur parle plus et qui peine à changer de forme. On se croirait en mai 68 en plus calme.

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Le vieux pont neuf sur la Garonne. Crédits photo : Isabelle Artus

Toulouse, « c’est encore plus beau la nuit », m’a t’on dit hier soir. Les voutes du Pont neuf, le plus vieux de la cité, comme il se doit, étaient éclairées de rouge flamboyant. Le voici de jour, magnifique aussi.

Sur la Garonne, les ponts dessinent de leurs grands bras des perspectives prolongeant le regard aux quartiers de chaque extrémité. Saint Cyprien a pour l’instant ma préférence avec ses ruelles et ses petites places charmantes.

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Rue à Saint-Cyprien, un joli quartier de Toulouse sur l’autre rive de la Garonne. Crédits photos : Isabelle Artus

En suivant les quais vers la place de la Daurade, la promenade devient bucolique. D’un côté la Garonne, l’eau et le beau pont neuf, de l’autre de belles façades d’appartements prisés.

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Façades romantiques sur les quais. Crésits photo : Isabelle Artus
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Les appartements, tous différents, donnent sur les platanes et la Garonne. Crédits photo : Isabelle Artus
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Crédits photo : Isabelle Artus

Une belle illustre sculptée dominant un portail par ici, une petite rue plus loin par là…

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En ville, de nombreuses figures ornent les portes et entrées d’anciennes demeures. Crédits photo : Isabelle Artus
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Un des charmes de Toulouse réside dans ses innombrables petites rues où on aperçoit parfois des jardins très secrets. Crédits photo : Isabelle Artus

Vers Saint Sernin, le cinéma d’art et d’essai ABC, rue Saint Bernard, affiche la présence de Raymond Depardon et sa femme productrice. Ils viennent présenter à la salle comble leur dernier film « Les habitants », « un film sur la parole », précisera le réalisateur qui signe à son habitude un film hors norme, à la manière du photographe sociologue mais muni de caméra.

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Cinéma d’auteur, débats avec les équipes des films, l’ABC est un repère du 7e art hors des sentiers battus. Crédits photos : Isabelle Artus

Ici , tout a été simple, facile de réserver les places, pas de cohue, une attente non contraignante : de nouveau cette sensation d’être privilégiée, mais non, en réalité, il s’agit simplement de juste mesure, une situation à taille humaine. Enjoy.

A deux pas de là, l’incontournable basilique romane Saint Sernin, est belle de l’extérieur comme de l’intérieur, avec ses volumes conçus pour accueillir les pèlerins en chemin vers Compostelle.

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La basilique Saint Sernin abrite les reliques de Saint Saturnin, saint patron de la ville de Toulouse, évêque et martyr, chef de file de la plus ancienne communauté chrétienne locale. Crédits photos : Isabelle Artus 
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Des concerts classiques ont régulièrement lieu à Saint Sernin. Crédits photos : Isabelle Artus
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La basilique Saint Sernin : « une fleur de corail que le soleil arrose » a écrit Claude Nougaro. Crédits photo : Isabelle Artus        

Dans le beau quartier des Chalets aux maisons bourgeoises, je croise en vélo la place de la Concorde, discrète celle-là, il faut connaître l’endroit pour ne pas le rater.

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Pas loin, le célèbre Café de la Concorde coule une belle existence depuis le 17ème siècle, paraît-il et quelques concerts par semaine.

La première balade toulousaine ne peut s’achever sans un hommage au grand Claude Nougaro qui mieux que personne a su trouver les mots pour dire Toulouse.

Isabelle Artus

Vidéo de Claude Nougaro chantant « Toulouse ».