La semaine de Culturepositive

Sous terre, des « enfants de la lune » heureux 

S’exclamer devant les chauves-souris en vol et admirer les stalactites et stalagmites, c’est la belle aventure qu’on vécu récemment des enfants atteints de la maladie génétique « de la lune » dans la grotte des Moidons, dans le Jura.

Invités par un groupe de spéléologues, ces enfants dont la peau ne supporte pas les rayons ultra violets du soleil, ont pu troquer le temps d’un après-midi leur casque de protection, semblable à celui des astronautes, contre celui de spéléologue.

Les « enfants de la lune » sont environ 5000 dans le monde, selon France 2.

Des instruments de musique datant du Néolithique

En manipulant des pilons de pierre du Néolithique et en les disposant en suspension sur un appui, Eric Gonthier, ethno-minéralogiste au Musée de l’homme, à Paris, a découvert dernièrement à quoi ils servaient réellement.

Ainsi positionnés, les longs cylindres ont pu délivrer des sons cristallins et amples. Ces derniers ont ensuite été étudiés. Leurs spectres sonores correspondent à ceux des cloches. Pour le chercheur et son équipe : « nous avons affaire à des pierres sonores qui datent d’au moins 45.000 ans ».

« Ces pierres provenant du Sahara ont dormi plusieurs décennies dans les réserves du Musée de l’homme à Paris, au milieu des pilons préhistoriques », révèle un reportage-vidéo du CNRS.

Les musiciens de l’orchestre national de France ont ensuite eu le privilège de donner le premier concert contemporain d’instruments néolithiques.

Aubert chante magnifiquement Houellebecq

« Etes-vous mon ami ? Inventez le soleil et l’aurore apaisée. Etes-vous mon ami ? Répondez, répondez… » raconte la chanson « Isolement » du dernier album poétique et profond de Jean-Louis Aubert. La star pop-rock unit son talent -une fois n’est pas coutume- aux mots de l’écrivain Michel Houellebecq et signe « Les parages du vide ». Magnifique.

On sent beaucoup d’inspiration dans cet album dont chaque chanson vous emporte dans son monde. La musique et les arrangements sont ciselés. Ici, une batterie attaque le morceau en frappant ses coups comme des pulsations de cœur, d’une présence efficace et nous saisit d’emblée. Là, une mélodie épurée d’une grande douceur acoustique nous enveloppe. Plus loin, une guitare seule puise à des racines folk.

Jean-Louis Aubert est rare en général et aussi depuis son dernier album, en 2010. Sa voix écorchée et vive, amie, âme-sœur, sonne juste, crie presque parfois, comme ceux aigus d’un cœur souffrant.

Quoi de beau cette semaine ?

Le temps magnifique du Nord au Sud, estival parfois, redonne le sourire. Pourtant, quinze degrés de température d’intervalle du jour au lendemain, cela laisse pantois. Le climat se dérègle, c’est certain.

Le défi de l’avion solaire Impulse 2

Belle prouesse ! L’avion solaire Solar Impulse 2 « a été dévoilé mercredi 9 avril, sur la base militaire de Payerne, en Suisse », révèle Le Monde.fr.

Après la grande réussite du plus long trajet jamais réussi en avion sans carburant, en mai 2013 aux Etats-Unis, ce géant des airs écologique veut tenter en 2015 le tour du monde.

«Voici le seul avion au monde qui peut voler sans jamais s’arrêter, qui peut voler jour et nuit sans brûler la moindre goutte de kérosène », a présenté fièrement André Borschberg, le pilote professionnel suisse qui a fondé le défi Solar Impulse avec l’aventurier Bertrand Piccard, annonce Le Figaro.

Macbeth au théâtre du soleil  

« La littérature peut refaire de la vie avec des cendres. De la vie autre. De la vie suivie, poursuivie », c’est Hélène Cixous, auteur et dramaturge au Théâtre du soleil, qui le dit joliment, dans son texte de présentation de Macbeth.

La célèbre troupe s’apprête à présenter la tragédie de Shakespeare, à partir du 30 avril. On y court absolument !

Tous au zoo de Vincennes !

« Les stars enfin prêtes », « Bienvenue chez eux », le zoo de Vincennes ré-ouvre après une toilette certainement pas de chat. Très vétuste, il est resté fermé six ans pour totalement faire peau neuve.

Exit les éléphants par manque d’espace vital pour eux, plus d’ours ni de gros mammifères. Heureusement, les familles de singes et autres babouins aux fesses rouges s’amuseront autant que les enfants ravis. 1,5 million à 2 millions de visiteurs par an sont attendus.

Happy !

On l’entend partout « Happy« , dans le casque de nos voisins dans le métro et dans les magasins, le black américain à la dégaine cool Pharell Williams fait l’unanimité avec son tube bonne humeur. Bravo l’artiste, une recette de bonheur.

Les pesticides sur la sellette

Tracteur au labour. Photo :  Arnaudus.Photo : Arnaudus / Wikimedia Commons.

A l’heure des récents pics de pollution aux particules fines en France, principalement issues d’émissions liées à l’activité l’agricole, revenons sur les pesticides et leur utilisation. Eléments de réponses avec Jérôme Jullien, expert en surveillance biologique du territoire, Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio et une enquête de Natureparif sur le sujet.

On les appelle pesticides ou produits phytosanitaires, mais le terme exact est : produits chimiques de synthèse.  « Cela les différencient des produits d’origines végétales, minérales ou animales biologiques », explique Jérôme Jullien, expert référent national en surveillance biologique du territoire pour le ministère de l’Agriculture. « Le terme approprié pour ce qui concerne la protection des végétaux est : produit phytopharmaceutique », précise-t-il.

« Il y a aussi des produits biocides qui permettent la dératisation, la désinsectisation de bâtiments, la désinfection des outils, des serres de culture », ajoute cet expert dont le domaine d’activité recouvre l’état phytosanitaire des cultures et le suivi de l’impact des pesticides sur la biodiversité.

Utilisation des pesticides en France

« Longtemps, les produits phytosanitaires étaient utilisés en quantité importantes de substance actives par hectare », rappelle t-il. « Aujourd’hui, la tendance est d’utiliser ces produits en plus faibles quantités. On compte actuellement 60.000 tonnes de substances actives par an en France, dont 5.200 sont utilisées en zones non-agricoles, au lieu de 85.000 il y a quinze ans. »

Pour Jérôme Jullien, « les agriculteurs sont bien conscients de l’effet possible des produits phytosanitaires qu’ils utilisent », mais le feraient « par obligation la plupart du temps, pour protéger leurs cultures, assurer la qualité des récoltes et des rendements ».

« Effets pervers et chroniques des pesticides »

« Si globalement les produits aujourd’hui sont moins toxiques pour l’homme », précise-t-il, « ils peuvent avoir des effets pervers et chroniques. On parle, par exemple, de perturbateurs endocriniens qui peuvent entrainer des perturbations hormonales impactant sérieusement la santé des utilisateurs qui ne se protègent pas suffisamment. On peut citer aussi l’impact potentiel sur certaines espèces animales ou de flore sauvages », ajoute Jérôme Jullien.

Les communes d’Ile-de-France et les pesticides

L’enquête « Objectif zéro pesticides »sur l’utilisation des pesticides par les collectivités d’Ile-de-France, a été lancée en 2012 et 2014 par Natureparif, l’agence régionale pour la nature et la biodiversité en Ile-de-France.

Pour les deux années, sur les 1397 collectivités que compte l’Ile-de-France, 1281 avaient « renseigné » le questionnaire. Voici un résumé des résultats :

En 2012, 71 % des collectivités qui ont répondu au questionnaire n’utilisent plus de pesticides dans les espaces verts et 79 % n’en font plus usage dans le fleurissement.

Par contre, « Il reste encore majoritaire sur les terrains de sport, la voirie et les cimetières dans plus de la moitié des collectivités enquêtées », révèle Natureparif.

Les chiffres de Natureparif en mars 2014 sont en partie encourageants : 76 % des collectivités renseignées n’utilisent plus de pesticides dans les espaces verts et 81 % d’entre elles n’en font plus usage dans le fleurissement.

En revanche, l’enquête souligne que les pesticides sont « encore courants sur les terrains de sport à 38 %, majoritaires sur la voirie et les cimetières, pour lesquels plus de la moitié des collectivités déclarent utiliser des herbicides (51 %) et des insecticides ou fongicides (67 %) ».

L’alternative de l’agriculture biologique

Elisabeth Mercier est directrice de l’Agence française pour le développement de l’Agriculture biologique. Appelée aussi « Agence Bio », ce groupement d’intérêt public a pour missions de « faciliter l’émergence d’actions de coopérations, réaliser l’Observatoire national de l’Agriculture biologique, informer grand public et professionnels et soutenir le développement de la filière », explique-t-elle, installée sur le stand spacieux du Salon de l’agriculture.

L’agriculture biologique, largement minoritaire en France, représente une alternative à l’agriculture intensive. Elle se développe particulièrement bien dans la filière vin.

« L’agriculture biologique vise le respect de lenvironnement, de la qualité de leau, des sols, de l’air, de la biodiversité, des normes élevées du bien-être animal, avec un engagement de tous les acteurs de la chaine, de la ferme au distributeur », rappelle la directrice de l’Agence bio.

« Produire bio : nourrir le sol qui nourrira la plante »

« Produire Bio, cest travailler avec la nature, cest nourrir le sol de telles sortes quil nourrisse la plante, sans engrais chimique de synthèse, sans pesticide chimique de synthèse, sans utilisation dOGM », ajoute-t-elle. « Cest une démarche qui garantit la naturalité et lauthenticité des produits, préserve ce capital fondamental qui est la ressource naturelle. C’est un atout pour une alimentation durable.», conclue la directrice de l’Agence française pour le développement de l’agriculture biologique, Elisabeth Mercier.

La politique publique encourage la conversion à l’agriculture biologique « avec des aides, versées pendant cinq ans», précise t-elle. Bien que chaque paysan ait sa propre histoire, « certains sont sur le chemin de la Bio depuis longtemps car ils naiment pas les produits chimiques de synthèse et ont des fermes de type extensif. Ils choisissent daller jusquau bout de la démarche et s’engagent à ne pas en utiliser du tout », conclue Elisabeth Mercier.

Pour en savoir plus

Les particules fines surtout issues d’émissions liées à l’activité humaine dans Culturepositive

Pollution aux particules fines : Le ministère de l’Agriculture rappelle certaines recommandations (15.03.2014)

Le suivi du plan Ecophyto gouvernemental (9.12.2013)

Les positions de la Confédération paysanne

Les particules fines surtout issues d’émissions liées à l’activité humaine

La nouvelle devait « tomber » quelques jours après le pic de pollution aux particules fines du week-end dernier. Un communiqué du CNRS l’annonce ce vendredi 21 mars 2014 : « L’observatoire atmosphérique français Sirta et des chercheurs du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement ont livré leur analyse de la pollution aux particules fines (PM2.5) en Ile-de-France entre le 7 et le 15 mars 2014. »

« Plusieurs millions de Franciliens sont ainsi exposés chaque année à un air qui ne respecte pas les réglementations européennes », prévient le CNRS dans ce texte.

Les particules fines observées « étaient principalement issues d’émissions liées à l’activité humaine : majoritairement l’agriculture, mais aussi le chauffage au bois et les transports », indique le CNRS.

« Les conditions météorologiques ont favorisé la pollution aux particules, l’anticyclone limitant la dispersion des polluants et l’ensoleillement favorisant la formation des polluants secondaires. », précise l’étude.

Une météo qui a aussi « favorisé l’accumulation d’aérosols au sein d’une couche de mélange mince (à 200 m d’altitude la nuit, de 600 à 1200 m le jour) conduisant à une dilution faible sur la verticale. »

Selon le CNRS, en Ile-de-France, ces particules sont « dites « secondaires », c’est-à-dire non émises directement, mais formées dans l’atmosphère, sous l’action de transformations photochimiques (ensoleillement), à partir de gaz précurseurs comme les oxydes d’azote (transport), l’ammoniac (activités agricoles) et les composés organiques volatils. »

Des particules composées à 51 % de nitrate d’ammonium

L’observation révèle que ces particules fines PM2,5 sont composées à « 51 % de nitrate d’ammonium, formé dans l’atmosphère à partir d’ammoniac et d’oxyde d’azote, sous l’action de la photochimie. L’ammoniac est principalement émis par les activités agricoles. »

Par contre, « les oxydes d’azote (NOx) sont principalement émis par les transports, et dans une moindre mesure l’industrie manufacturière et l’agriculture. » ajoute l’analyse qui poursuit le détail de la composition de ces particules fines.

« Les particules fines émises directement dans l’atmosphère par la combustion de biomasse (chauffage au bois et brûlage de déchets verts) représentent 15 %.


11 % de ces particules fines sont émises directement dans l’atmosphère par la combustion de dérivés du pétrole (dont les transports).


12 % de ces particules fines sont composées de matière organique, générées dans l’atmosphère à partir de précurseurs gazeux comme les composés organiques volatils (COV). En période hivernale (comme c’est le cas actuellement), ces COV sont émis principalement par les activités humaines. »

Enfin,  « 11 % sont dues au sulfate d’ammonium. Un autre « composé « secondaire », formé dans l’atmosphère à partir d’ammoniac et de dioxyde de soufre. Le dioxyde de soufre est émis en France par l’industrie manufacturière et la transformation d’énergie. » conclue le communiqué du CNRS.

Printemps, bonheur et grande pollution

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Tiens, le printemps est arrivé ! Hier, jeudi 20 mars 2014. Comme pour le signifier, le ciel avait revêtu son bleu immense dans lequel les yeux aiment à se plonger.

Jolie coïncidence, on fête aussi la journée mondiale du bonheur. Au réveil, l’envie me prend d’interviewer des personnes dans la rue, un micro-trottoir, en somme, qui se voudrait juste léger.

« Le bonheur, en deux mots, vous diriez-quoi ? » Mon interlocutrice sourit. Ce thème lui plait. Pourtant, l’auto censure l’emporte. Doutes, hésitations. Sa trop grande réflexion amène la lourdeur puis le blocage des réponses espérées. Le bonheur résumé en quelques perles de vie instantanées attendra.

La santé et l’amour

Plus loin, un cafetier derrière son zinc est disponible, passé le feu du service du déjeuner. Je ressors de ma besace mon bonheur en quelques mots. L’idée le ravit. « Ah, c’est la santé et l’amour ! » me répond-il aussitôt.

Puis, la vision de mon enregistreur sonore qui gravera ce beau moment de vie l’effraye : « Ah, non, je ne veux pas être filmé ! » me dit-il, d’une réaction automatique. Petite négociation de comptoir. « Il n’y a pas d’image, vous savez … ». Rien à faire, je ne trouverais pas mon bonheur ici. Mon heureuse mais pas si simple thématique en suspens, je repars, songeuse.

Au journal de 13 heures, je m’aperçois que France 2 a eu la même idée que moi. Eux, ont ciblé les petits, naturellement spontanés et insouciants. Qu’est-ce-qui rend heureux les enfants ? : « Jouer avec mon copain », dit-l’un. « Et que Pierre ne m’embête pas » rajoute t-il, avec une petite moue grinçante.

En harmonie avec soi-même

« Embrasser ma maman » répond une fillette enlacée à sa mère, « manger une glace », articule un gourmand. Il est là le bonheur, tout simplement, sorti de la bouche des plus jeunes qui disent facilement les mots essentiels, comme ils les sentent.

A mon tour de lister pêle-mêle, à la manière d’une revue de presse, mes bonheurs de la semaine.

Ouvrir les yeux le matin en musique, accompagnée d’une belle chanson du nouvel album d’Elysian fields : «For House Cats And Sea Fans», préfigure une bonne journée.

Le printemps de retour ! Une des meilleures nouvelles car il s’accompagne, espérons-le, d’une météo clémente : température idéale et hautes lumières au dessus de nous.

Pollution à grande échelle et circulation alternée

Bien-sûr, le récent épisode de grande pollution sur la France entière, ne rend pas heureux mais la mesure de circulation alternée redonne espoir. Le gouvernement a décidé de limiter les véhicules motorisés dans certaines villes, à cause d’un taux de particules fines trop élevées. Il serait dû pour beaucoup à la pollution des voitures et camions Diésel.

Lundi 17 mars dernier, jour impair, les véhicules aux plaques d’immatriculations impaires devaient conduire. Le lendemain, jour impair, aurait été le tour des voitures paires.

J’ai testé et senti la différence. Adepte du vélo, ma toux chronique samedi 15, et dimanche 16 mars s’est arrêtée le lendemain, jour de la circulation alternée. Périphérique et rues fluides, beaucoup moins de pollution sonore aussi pour le passant, moins de stress ressenti.

Regrettons-juste que cette mesure n’ait duré qu’un seul jour. Pourtant, elle a été abondamment annoncée et relayée, pour finir noyée dans sa sur-médiatisation. La météo s’étant améliorée, les conducteurs ont pu reprendre le volant comme avant.

Une étude est en cours. Attendons les résultats et espérons une décision politique forte en faveur du refus de la pollution et pour le droit de chacun à respirer un air qui ne soit pas malsain. Une évidence qu’il devient urgent de rappeler.

Isabelle Artus.

Intermittence du spectacle : entretien avec Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT-Spectacle.

Les intermittents du spectacle sont toujours en colère, en cette fin de premier trimestre 2014, à l’heure des négociations de révision de l’assurance-chômage. Qu’est-ce qui caractérise cette catégorie professionnelle ? Culturepositive se penche sur leurs profils, avec leurs témoignages et ceux de différents acteurs de leur vie professionnelle. Entretien avec Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle.

En France, « les intermittents du spectacle représentent 3,5 % des demandeurs d’emplois indemnisés », selon Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle. « Sur 3,2 millions d’indemnisés en tout, les intermittents sont 112.000. Pôle Emploi dépense environ 1, 3 milliard pour eux sur les 37 milliards de dépenses d’indemnités par an, tous métiers confondus », ajoute-t-il.

Discontinuité des contrats et crise

L’intermittence du spectacle est touchée par deux facteurs principaux, explique Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT-Spectacle. D’abord : « le côté structurel, dû à la discontinuité des contrats à durée déterminée et des CDD à usage. Les embauches se font au projet et les ils sont courts », témoigne t-il. « Un musicien, par exemple, travaillera par période d’une journée à quelques semaines d’affilée et aura environ 10 à 20 employeurs dans l’année ».

Ensuite : « le côté conjoncturel, avec la crise qui ralentit les projets culturels. Dans le privé comme dans le public, les financements ont baissé et le volume d’emplois avec », explique Denis Gravouil.

En plus, « le turn over est énorme dans ces professions », confie le secrétaire général de la CGT spectacle.

Les femmes intermittentes : grandes perdantes

Les femmes intermittentes, techniciennes et artistes (Annexe 8 et 10 de l’assurance chômage) sont les grandes perdantes, confie t-il, car « elles représentent un tiers seulement des allocataires. Il y a là un gros problème de société », pointe-t-il.

Manifestation des intermittents du spectacle le 27 février 2014 à Paris.
Manifestation des intermittents du spectacle le 27 février 2014 à Paris.

« Pour les comédiennes, par exemple, passé trente ans, le nombre de rôles féminins diminue » ajoute Denis Gravouil. D’autre part, les femmes artistes et techniciennes ont beaucoup de difficultés à concilier congés maternité et carrière.

Culturepositive aura l’occasion de connaître de plus près la vie des artistes à travers leurs témoignages. Ils et elles confieront leurs difficultés et aussi à quel point leurs métiers les passionnent.              Isabelle Artus

Pour en savoir plus :

Rue 89 / Le Nouvel Observateur 

 

Les intermittents du spectacle dans la rue pour défendre leurs droits

Malgré une pluie battante, entre 10.000 personnes selon la CGT-spectacle, 8.000 selon le SNJ-CGT et 3.000 selon la police, manifestaient à Paris pour la sauvegarde du régime spécial de chômage des intermittents du spectacle, jeudi 27 février.

Artistes et techniciens intermittents du spectacle refusent la suppression des annexes 8 et 10 du régime spécial de chômage, demandée par le Médef. Ce dernier, principal syndicat patronal français, veut faire basculer cette catégorie professionnelle au régime général de chômage. Elle serait trop favorisée à ses yeux et trop coûteuse.

Manifestation des intermittents du spectacle, le 27 février 2014 à Paris. Crédits photos : Isabelle Artus.
Manifestation des intermittents du spectacle, le 27 février 2014 à Paris.
Crédits photos : Isabelle Artus.

Dans le calme, le long cortège parti de la Place du Palais-Royal, proche du ministère de la Culture, traverse le Louvre et sa pyramide majestueuse. Rue des Saints pères, la pluie redouble et les parapluies s’ouvrent. Passé l’hôtel Lutetia, la colonne de marcheurs s’allonge pour aboutir aux portes de l’organisation patronale du Médef située à l’Ecole militaire, dans le très chic 7e arrondissement.

Fin de la manifestation des intermittents du spectacle devant les portes du Médef à Paris.  Crédits photo : Isabelle Artus.
Fin de la manifestation des intermittents du spectacle devant les portes du Médef à Paris.
Crédits photo : Isabelle Artus.

Quand on questionne les artistes sur leur vie professionnelle, rares sont ceux qui vivent bien de leur art. Un comédien bilingue de naissance qui joue en anglais comme en français, m’avoue qu’il travaille souvent pour Disneyland à Marne-La-Vallée, faute de cachets. Un petit boulot d’animation bien loin du théâtre, soupire-t-il. Chaque année, il se lance dans une chasse effrénée aux cachets. Ses contrats restent très discontinus.

Un autre comédien confie ne pas être payé lorsqu’il apprend son rôle chez lui. Cela peut lui prendre des semaines de travail. Son salaire démarre seulement au moment où il rejoint la troupe en répétition.

Spectacle éphémère dû au vent en bord de route de la manifestation des intermittents. Crédits photo : Isabelle Artus.
Spectacle éphémère dû au vent en bord de route de la manifestation des intermittents.
Crédits photo : Isabelle Artus.

En quoi le régime des intermittents du spectacle pourrait-il être aligné à celui de n’importe quel employé du régime général alors que leurs rythmes de travail, la rareté de celui-ci, la nature même des métiers, sont incomparables ?

Pourquoi défendre l’exception culturelle de la France, qui dope cette industrie de grande renommée internationale, et en même temps restreindre les conditions de vie des artistes ?

Isabelle Artus

Pour en savoir plus :

Le Monde du 27.2.2014

France 2 du 27.2.2014

Rue du conservatoire.fr du 19.2.2014

Les intermittents du spectacle dans la rue pour défendre leurs droits

Malgré une pluie battante, entre 10.000 personnes selon la CGT-spectacle, 8.000 selon le SNJ-CGT et 3.000 selon la police, manifestaient à Paris pour la sauvegarde du régime spécial de chômage des intermittents du spectacle, jeudi 27 février.

Artistes et techniciens intermittents du spectacle refusent la suppression des annexes 8 et 10 du régime spécial de chômage, demandée par le Médef. Ce dernier, principal syndicat patronal français, veut faire basculer cette catégorie professionnelle au régime général de chômage. Elle serait trop favorisée à ses yeux et trop coûteuse.

Manifestation des intermittents du spectacle, le 27 février 2014 à Paris. Crédits photos : Isabelle Artus.
Manifestation des intermittents du spectacle, le 27 février 2014 à Paris.
Crédits photos : Isabelle Artus.

Dans le calme, le long cortège parti de la Place du Palais-Royal, proche du ministère de la Culture, traverse le Louvre et sa pyramide majestueuse. Rue des Saints pères, la pluie redouble et les parapluies s’ouvrent. Passé l’hôtel Lutetia, la colonne de marcheurs s’allonge pour aboutir aux portes de l’organisation patronale du Médef située à l’Ecole militaire, dans le très chic 7e arrondissement.

Fin de la manifestation des intermittents du spectacle devant les portes du Médef à Paris.  Crédits photo : Isabelle Artus.
Fin de la manifestation des intermittents du spectacle devant les portes du Médef à Paris.
Crédits photo : Isabelle Artus.

Quand on questionne les artistes sur leur vie professionnelle, rares sont ceux qui vivent bien de leur art. Un comédien bilingue de naissance qui joue en anglais comme en français, m’avoue qu’il travaille souvent pour Disneyland à Marne-La-Vallée, faute de cachets. Un petit boulot d’animation bien loin du théâtre, soupire-t-il. Chaque année, il se lance dans une chasse effrénée aux cachets. Ses contrats restent très discontinus.

Un autre comédien confie ne pas être payé lorsqu’il apprend son rôle chez lui. Cela peut lui prendre des semaines de travail. Son salaire démarre seulement au moment où il rejoint la troupe en répétition.

Spectacle éphémère dû au vent en bord de route de la manifestation des intermittents. Crédits photo : Isabelle Artus.
Spectacle éphémère dû au vent en bord de route de la manifestation des intermittents.
Crédits photo : Isabelle Artus.

En quoi le régime des intermittents du spectacle pourrait-il être aligné à celui de n’importe quel employé du régime général alors que leurs rythmes de travail, la rareté de celui-ci, la nature même des métiers, sont incomparables ?

Pourquoi défendre l’exception culturelle de la France, qui dope cette industrie de grande renommée internationale, et en même temps restreindre les conditions de vie des artistes ?

Isabelle Artus

Pour en savoir plus :

Le Monde du 27.2.2014

France 2 du 27.2.2014

Rue du conservatoire.fr du 19.2.2014

Les enjeux de la nature en ville

SONY DSC« Les villes nature : utopie ou réalité ? » était le thème de la conférence publique de Natureparif  jeudi 6 février dernier, l’agence régionale pour la nature et la biodiversité en Ile-de-France, dans l’auditorium de la société nationale d’horticulture de France, rue de Grenelle, à Paris. 

En France, les villes prennent de plus en plus d’espace sur le territoire national et les trois quarts environ de la population y habitent. Selon l’Insee : « La superficie de l’espace urbain en métropole a progressé de 20 % environ en dix ans, passant de 100 000 à 119 000 km2. En 2010, les villes occupent 22 % du territoire et abritent 47,9 millions d’habitants, soit 77,5 % de la population ».

Les conditions de vie en ville sont donc fondamentales. Pendant deux heures, l’écologue Marc Barra et le chargé de mission Ecologie urbaine Jonathan Flandin, tous deux de Natureparif, ont exposé les nombreux services rendus par la nature en ville et donc aux citadins et alerté sur sa nécessaire sauvegarde par une gestion écologique.

La réduction de l’effet « ilots de chaleur urbain »

Pour Jonathan Flandin, en ville, la végétation réduit l’effet « ilots de chaleur urbain », augmente l’hygrométrie (humidité de l’air) et le stockage du dioxyde de carbone ou CO2, un des principaux gaz à effet de serre.

Elle régule aussi la qualité de l’air et les pathogènes, les agents infectieux comme par exemple l’anophèle, le moustique qui transmet le paludisme, poursuit le chargé de mission Ecologie urbaine. La nature intervient aussi dans le processus de désimperméabilisation des sols (Strasbourg), a-t-il ajouté.

Des pratiques qui tuent le vivant

L’exposé a ensuite dressé une liste de pratiques qui tuent le vivant. Insecticides, fongicides, herbicides, parasiticides, phytopharmaceutiques … De la « pollution aux pesticides », précise Jonathan Flandin. Les jardiniers amateurs seraient les premiers en cause, suivis des collectivités de la voirie et des espaces verts puis de la SNCF, la DDE.

Des impacts sur la santé

Ces produits chimiques auraient des impacts sur l’homme et sur l’environnement, développe Jonathan Flandin, qui cite une étude de l’Inserm, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. L’usage des pesticides, par exemple, représente selon lui, 30 % des contaminations de l’eau.

Il a ensuite évoqué la règlementation avec notamment l’arrêté du 27 juin 2011 qui interdit l’usage de certains produits dans des lieux public ou sensibles comme des hôpitaux. Cependant, a-t-il dit, en Ile-de-France : « la grande majorité est engagée dans une demande de réduction ».

Comment agir pour une gestion écologique ?

Des solutions comme multiplier les habitats et micro-habitats offrent une place à la faune et la flore rendent favorable la biodiversité en milieu urbain. Les prairies, éco-pâturages (Lille, Montreuil), les haies dites « champêtres », constituent autant de corridors écologiques.

Dans les coulées vertes, routes, voies ferrées, marres, murs et murets en pierre viennent se nicher des espèces. Il est possible aussi d’aménager des abris pour la faune comme des hôtels à insectes, des tas de bois où logeront d’autres animaux.

Ne pas oublier de communiquer

Après la mise en place de ces (bonnes) actions, il est essentiel de communiquer, conclut Jonathan Flandin. Sur le terrain : « des panneaux à messages : « Ici, espace sans pesticides », peuvent être créés par les classes d’écoles » et avoir une dimension éducative.

La place de la nature dans le bâti

L’écologue Marc Barra a poursuivi la conférence publique « Les villes nature : utopie ou réalité ? » sur le thème de la place de la nature dans le bâti. L’importance de l’énergie grise, c’est-à-dire celle dépensée à la production et à la fabrication des matériaux ou des produits, l’utilisation de matériaux bio sourcés, les plantes du processus d’épuration des eaux…

Marc Barra  a clos son exposé en annonçant le thème de la prochaine conférence publique sur les pesticides, le 20 mars prochain, 84, Rue de Grenelle, 75007 Paris.

Isabelle Artus

Pour en savoir plus 

Programme 2014 des conférences Natureparif

Etat de santé de la biodiversité 2012-2013 (Natureparif)

Diagnostic de l’état de santé biodiversité francilienne (Natureparif)