Semaine culture pour Culturepositive

« Le promeneur d’oiseau », du réalisateur français Philippe Muyl est un film qui ne manque pas de superlatifs. A la fois le premier film chinois réalisé par un Français et la première coproduction franco-chinoise. Sensible, poétique, magnifiquement joué, il vous emporte dans cette Chine des villes et des champs encore méconnue visuellement, en abordant des thématiques de société contemporaine en changement profond.

Il était une fois un couple aisé de mégapole chinoise, toujours entre deux avions. Leur enfant unique, une fillette très gâtée, part cinq jours avec son grand-père découvrir où a vécu feu sa grand-mère, en pleine campagne. Une sorte de road-movie initiatique.

A travers le vieil homme, l’histoire pose la thématique de la transmission générationnelle, des valeurs de la tradition culturelle locale, de la vie effrénée des grandes villes, de la difficulté de communication, du choc de société entre les citadins et les campagnards.

« Avec grand-père, j’ai dormi dans une grotte parce qu’on s’était perdus ! J’ai grimpé dans un arbre vieux de 1000 ans ! J’ai fait un feu de camp ! J’ai aidé aux champs ! J’ai écouté les oiseaux de la forêt !…», racontera la petite citadine chinoise à son père. Grâce à ce périple, le grand-père aura transformé sa petite fille, réuni le couple et toute la famille.

Les couleurs nous influencent

« Si la matière grise était plus rose, le monde aurait moins les idées noires  », lance Jean-Gabriel Causse sur le plateau des cinq dernières minutes de France2, citant Pierre Dac. Il est « color designer », spécialiste des couleurs et travaille pour des marques. Son livre « L’étonnant pouvoir des Couleurs », aux éditions du Palio, raconte l’influence des couleurs, sur nous-même, sur les murs des chambres et des écoles des enfants…

Pour cela, il s’est notamment appuyé sur des études scientifiques « passionnantes », dit-il. Les progrès actuels des neurosciences ont montré par IRM que « quand on regarde du bleu, les zones de la créativité, dans l’hémisphère droit, sont activées. Quand vous regardez du orange, les zones de la communication sont activées ».

Et l’on apprend, selon Jean-Gabriel Causse, que pour étudier, il est conseillé d’être en contact avec des couleurs chaudes, du orange, du rouge.

Il poursuit, citant une étude anglo-saxonne, en indiquant que le mauve augmenterait la fréquence sexuelle des couples. Cela donne envie de se pencher sur la question des couleurs et d’expérimenter notre ressenti pour les utiliser plus subtilement !

L’hymne à la vie de Charles Aznavour

Charles Aznavour a fêté ses 90 ans ce mois-ci. Défiant les lois de l’âge, le chanteur franco-arménien, ambassadeur de la chanson française, poursuit sa carrière sur scène ! Il se produira pour un concert exceptionnel le 10 octobre 2014 à l’Arena de Genève.

Regardez le chanter « La bohème » en concert, en 2011.

La semaine de Culturepositive

Sous terre, des « enfants de la lune » heureux 

S’exclamer devant les chauves-souris en vol et admirer les stalactites et stalagmites, c’est la belle aventure qu’on vécu récemment des enfants atteints de la maladie génétique « de la lune » dans la grotte des Moidons, dans le Jura.

Invités par un groupe de spéléologues, ces enfants dont la peau ne supporte pas les rayons ultra violets du soleil, ont pu troquer le temps d’un après-midi leur casque de protection, semblable à celui des astronautes, contre celui de spéléologue.

Les « enfants de la lune » sont environ 5000 dans le monde, selon France 2.

Des instruments de musique datant du Néolithique

En manipulant des pilons de pierre du Néolithique et en les disposant en suspension sur un appui, Eric Gonthier, ethno-minéralogiste au Musée de l’homme, à Paris, a découvert dernièrement à quoi ils servaient réellement.

Ainsi positionnés, les longs cylindres ont pu délivrer des sons cristallins et amples. Ces derniers ont ensuite été étudiés. Leurs spectres sonores correspondent à ceux des cloches. Pour le chercheur et son équipe : « nous avons affaire à des pierres sonores qui datent d’au moins 45.000 ans ».

« Ces pierres provenant du Sahara ont dormi plusieurs décennies dans les réserves du Musée de l’homme à Paris, au milieu des pilons préhistoriques », révèle un reportage-vidéo du CNRS.

Les musiciens de l’orchestre national de France ont ensuite eu le privilège de donner le premier concert contemporain d’instruments néolithiques.

Aubert chante magnifiquement Houellebecq

« Etes-vous mon ami ? Inventez le soleil et l’aurore apaisée. Etes-vous mon ami ? Répondez, répondez… » raconte la chanson « Isolement » du dernier album poétique et profond de Jean-Louis Aubert. La star pop-rock unit son talent -une fois n’est pas coutume- aux mots de l’écrivain Michel Houellebecq et signe « Les parages du vide ». Magnifique.

On sent beaucoup d’inspiration dans cet album dont chaque chanson vous emporte dans son monde. La musique et les arrangements sont ciselés. Ici, une batterie attaque le morceau en frappant ses coups comme des pulsations de cœur, d’une présence efficace et nous saisit d’emblée. Là, une mélodie épurée d’une grande douceur acoustique nous enveloppe. Plus loin, une guitare seule puise à des racines folk.

Jean-Louis Aubert est rare en général et aussi depuis son dernier album, en 2010. Sa voix écorchée et vive, amie, âme-sœur, sonne juste, crie presque parfois, comme ceux aigus d’un cœur souffrant.

Quoi de beau cette semaine ?

Le temps magnifique du Nord au Sud, estival parfois, redonne le sourire. Pourtant, quinze degrés de température d’intervalle du jour au lendemain, cela laisse pantois. Le climat se dérègle, c’est certain.

Le défi de l’avion solaire Impulse 2

Belle prouesse ! L’avion solaire Solar Impulse 2 « a été dévoilé mercredi 9 avril, sur la base militaire de Payerne, en Suisse », révèle Le Monde.fr.

Après la grande réussite du plus long trajet jamais réussi en avion sans carburant, en mai 2013 aux Etats-Unis, ce géant des airs écologique veut tenter en 2015 le tour du monde.

«Voici le seul avion au monde qui peut voler sans jamais s’arrêter, qui peut voler jour et nuit sans brûler la moindre goutte de kérosène », a présenté fièrement André Borschberg, le pilote professionnel suisse qui a fondé le défi Solar Impulse avec l’aventurier Bertrand Piccard, annonce Le Figaro.

Macbeth au théâtre du soleil  

« La littérature peut refaire de la vie avec des cendres. De la vie autre. De la vie suivie, poursuivie », c’est Hélène Cixous, auteur et dramaturge au Théâtre du soleil, qui le dit joliment, dans son texte de présentation de Macbeth.

La célèbre troupe s’apprête à présenter la tragédie de Shakespeare, à partir du 30 avril. On y court absolument !

Tous au zoo de Vincennes !

« Les stars enfin prêtes », « Bienvenue chez eux », le zoo de Vincennes ré-ouvre après une toilette certainement pas de chat. Très vétuste, il est resté fermé six ans pour totalement faire peau neuve.

Exit les éléphants par manque d’espace vital pour eux, plus d’ours ni de gros mammifères. Heureusement, les familles de singes et autres babouins aux fesses rouges s’amuseront autant que les enfants ravis. 1,5 million à 2 millions de visiteurs par an sont attendus.

Happy !

On l’entend partout « Happy« , dans le casque de nos voisins dans le métro et dans les magasins, le black américain à la dégaine cool Pharell Williams fait l’unanimité avec son tube bonne humeur. Bravo l’artiste, une recette de bonheur.

Les particules fines surtout issues d’émissions liées à l’activité humaine

La nouvelle devait « tomber » quelques jours après le pic de pollution aux particules fines du week-end dernier. Un communiqué du CNRS l’annonce ce vendredi 21 mars 2014 : « L’observatoire atmosphérique français Sirta et des chercheurs du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement ont livré leur analyse de la pollution aux particules fines (PM2.5) en Ile-de-France entre le 7 et le 15 mars 2014. »

« Plusieurs millions de Franciliens sont ainsi exposés chaque année à un air qui ne respecte pas les réglementations européennes », prévient le CNRS dans ce texte.

Les particules fines observées « étaient principalement issues d’émissions liées à l’activité humaine : majoritairement l’agriculture, mais aussi le chauffage au bois et les transports », indique le CNRS.

« Les conditions météorologiques ont favorisé la pollution aux particules, l’anticyclone limitant la dispersion des polluants et l’ensoleillement favorisant la formation des polluants secondaires. », précise l’étude.

Une météo qui a aussi « favorisé l’accumulation d’aérosols au sein d’une couche de mélange mince (à 200 m d’altitude la nuit, de 600 à 1200 m le jour) conduisant à une dilution faible sur la verticale. »

Selon le CNRS, en Ile-de-France, ces particules sont « dites « secondaires », c’est-à-dire non émises directement, mais formées dans l’atmosphère, sous l’action de transformations photochimiques (ensoleillement), à partir de gaz précurseurs comme les oxydes d’azote (transport), l’ammoniac (activités agricoles) et les composés organiques volatils. »

Des particules composées à 51 % de nitrate d’ammonium

L’observation révèle que ces particules fines PM2,5 sont composées à « 51 % de nitrate d’ammonium, formé dans l’atmosphère à partir d’ammoniac et d’oxyde d’azote, sous l’action de la photochimie. L’ammoniac est principalement émis par les activités agricoles. »

Par contre, « les oxydes d’azote (NOx) sont principalement émis par les transports, et dans une moindre mesure l’industrie manufacturière et l’agriculture. » ajoute l’analyse qui poursuit le détail de la composition de ces particules fines.

« Les particules fines émises directement dans l’atmosphère par la combustion de biomasse (chauffage au bois et brûlage de déchets verts) représentent 15 %.


11 % de ces particules fines sont émises directement dans l’atmosphère par la combustion de dérivés du pétrole (dont les transports).


12 % de ces particules fines sont composées de matière organique, générées dans l’atmosphère à partir de précurseurs gazeux comme les composés organiques volatils (COV). En période hivernale (comme c’est le cas actuellement), ces COV sont émis principalement par les activités humaines. »

Enfin,  « 11 % sont dues au sulfate d’ammonium. Un autre « composé « secondaire », formé dans l’atmosphère à partir d’ammoniac et de dioxyde de soufre. Le dioxyde de soufre est émis en France par l’industrie manufacturière et la transformation d’énergie. » conclue le communiqué du CNRS.

Printemps, bonheur et grande pollution

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Tiens, le printemps est arrivé ! Hier, jeudi 20 mars 2014. Comme pour le signifier, le ciel avait revêtu son bleu immense dans lequel les yeux aiment à se plonger.

Jolie coïncidence, on fête aussi la journée mondiale du bonheur. Au réveil, l’envie me prend d’interviewer des personnes dans la rue, un micro-trottoir, en somme, qui se voudrait juste léger.

« Le bonheur, en deux mots, vous diriez-quoi ? » Mon interlocutrice sourit. Ce thème lui plait. Pourtant, l’auto censure l’emporte. Doutes, hésitations. Sa trop grande réflexion amène la lourdeur puis le blocage des réponses espérées. Le bonheur résumé en quelques perles de vie instantanées attendra.

La santé et l’amour

Plus loin, un cafetier derrière son zinc est disponible, passé le feu du service du déjeuner. Je ressors de ma besace mon bonheur en quelques mots. L’idée le ravit. « Ah, c’est la santé et l’amour ! » me répond-il aussitôt.

Puis, la vision de mon enregistreur sonore qui gravera ce beau moment de vie l’effraye : « Ah, non, je ne veux pas être filmé ! » me dit-il, d’une réaction automatique. Petite négociation de comptoir. « Il n’y a pas d’image, vous savez … ». Rien à faire, je ne trouverais pas mon bonheur ici. Mon heureuse mais pas si simple thématique en suspens, je repars, songeuse.

Au journal de 13 heures, je m’aperçois que France 2 a eu la même idée que moi. Eux, ont ciblé les petits, naturellement spontanés et insouciants. Qu’est-ce-qui rend heureux les enfants ? : « Jouer avec mon copain », dit-l’un. « Et que Pierre ne m’embête pas » rajoute t-il, avec une petite moue grinçante.

En harmonie avec soi-même

« Embrasser ma maman » répond une fillette enlacée à sa mère, « manger une glace », articule un gourmand. Il est là le bonheur, tout simplement, sorti de la bouche des plus jeunes qui disent facilement les mots essentiels, comme ils les sentent.

A mon tour de lister pêle-mêle, à la manière d’une revue de presse, mes bonheurs de la semaine.

Ouvrir les yeux le matin en musique, accompagnée d’une belle chanson du nouvel album d’Elysian fields : «For House Cats And Sea Fans», préfigure une bonne journée.

Le printemps de retour ! Une des meilleures nouvelles car il s’accompagne, espérons-le, d’une météo clémente : température idéale et hautes lumières au dessus de nous.

Pollution à grande échelle et circulation alternée

Bien-sûr, le récent épisode de grande pollution sur la France entière, ne rend pas heureux mais la mesure de circulation alternée redonne espoir. Le gouvernement a décidé de limiter les véhicules motorisés dans certaines villes, à cause d’un taux de particules fines trop élevées. Il serait dû pour beaucoup à la pollution des voitures et camions Diésel.

Lundi 17 mars dernier, jour impair, les véhicules aux plaques d’immatriculations impaires devaient conduire. Le lendemain, jour impair, aurait été le tour des voitures paires.

J’ai testé et senti la différence. Adepte du vélo, ma toux chronique samedi 15, et dimanche 16 mars s’est arrêtée le lendemain, jour de la circulation alternée. Périphérique et rues fluides, beaucoup moins de pollution sonore aussi pour le passant, moins de stress ressenti.

Regrettons-juste que cette mesure n’ait duré qu’un seul jour. Pourtant, elle a été abondamment annoncée et relayée, pour finir noyée dans sa sur-médiatisation. La météo s’étant améliorée, les conducteurs ont pu reprendre le volant comme avant.

Une étude est en cours. Attendons les résultats et espérons une décision politique forte en faveur du refus de la pollution et pour le droit de chacun à respirer un air qui ne soit pas malsain. Une évidence qu’il devient urgent de rappeler.

Isabelle Artus.