Une semaine avec Culturepositive

Un plant de maïs OGM arraché par un membre français de l'organisation "Les faucheurs volontaires" en 2004.
Un plant de maïs OGM arraché par un membre français de l’organisation « Les faucheurs volontaires » en 2004. Photo : Jean-Marc Desfilhes / Wikimedia Commons

Le Sénat a adopté la proposition de loi interdisant définitivement la mise en culture de maïs génétiquement modifié MON 810, lundi 5 mai 2014. « Le texte précise que des destructions de culture peuvent être ordonnées en cas de non-respect de l’interdiction », ajoute Le Monde. José Bové doit aujourd’hui sourire de cet heureux revirement de situation, lui qui a connu la prison pour avoir mené des actions de fauchage de maïs génétiquement modifié.

Distribution d’une charte contre l’incitation à la violence  dans les mosquées

A l’heure où des jeunes français partent « faire le jihad », l’imam Dalil Boubaker, recteur de la Mosquée de Paris et président du Conseil français du culte musulman, le CFCM, veut faire distribuer dans toutes mosquées de France une « Convention des musulmans de France pour le vivre ensemble ».

Cette charte appelle à lutter contre toutes les formes d’incitation à la violence, à travers 21 articles. « Notre obsession est d’être attentif, préventif et de multiplier des rappels à l’ordre pour ne laisser aucune place à l’influence des prêcheurs de haine », confiait l’imam Dalil Boubaker au Figaro. « Il existe hélas en France une organisation structurée d’un islam politique, avec ses recruteurs, ses armes et des objectifs guerriers. C’est contre ce type d’infiltration insupportable que nous comptons lutter.
il s’agit d’accentuer la détection dans les mosquées des premiers symptômes de radicalisation, de débusquer les changements brutaux d’attitudes des jeunes attirés par les zones de combat… », précisait Dalil Boubaker au journal.

A lire aussi : Un appel des religions contre la haine et pour la république, publié sur le site de la Grande mosquée de Paris, le 14 avril 2014

Une caravane pour défendre les alternatives aux pesticides 

Partie de Sarlat jeudi 8 mai 2014, la caravane pour les alternatives naturelles aux pesticides monte à la capitale. Soutenue par des dizaines d’associations, elle devrait « arriver lundi devant l’Assemblée nationale pour interpeller les députés », annonce France Bleu.

Le texte du plan Ecophyto 2018 du ministère de l’Agriculture vise à réduire de moitié l’utilisation des pesticides avant 2018. Il précise même que : «  la réduction du recours aux produits phytopharmaceutiques constitue le moyen le plus efficace pour réduire l’exposition de la population et de l’environnement face à ces produits dangereux ». Pourtant, pour les membres de l’association pour la reconnaissance des alternatives aux pesticides, il ne reconnaît ni n’autorise les alternatives comme le purin d’ortie ou le vinaigre, de bonnes et simples pratiques ancestrales respectueuses de l’environnement.

Pour l’Aspro PNPP, l’association pour la promotion des préparations naturelles peu préoccupantes : « De nombreux agriculteurs en production dite « conventionnelle » tout autant que biologique se tournent pourtant vers les alternatives de ce type, soit par choix de diminuer les produits toxiques pour protéger le consommateur et/ou leur propre santé, soit pour diminuer les coûts de production, soit parce que les pesticides n’ont pas réponse à tout. »

A lire aussi : l’article de l’Inserm : « Pesticides : Effets sur la santé – Une expertise collective de l’Inserm »

La fondation Abbé Pierre lance l’opération « Abbé Road »

Avec l’ambitieux projet « Abbe road », la Fondation de l’abbé Pierre choisit la musique pop pour sensibiliser et mobiliser le public et en particulier les jeunes, au problème du mal logement.

Une chanson spécialement crée pour l’opération : « Le chemin de Pierre », sera interprétée dans sa version pop-rock par  Nolwenn Leroy, marraine de la fondation Abbé Pierre, Jeanne Cherhal, Joyce Jonathan, Rose, Zaz, Thomas Dutronc, Mike Ibrahim, Renan Luce, Tété et Christophe Maé.

Du 27 juin au 15 septembre, un bus jaune aux couleurs d’Abbé road (#abbe road, pour Twitter), partira en tournée sur les routes de province, à la rencontre des festivals de musique.

Un concert aura lieu le 18 octobre 2014 à La Cigale avec les artistes de l’opération, le lendemain d’une date symbolique, la Journée mondiale du refus de la misère.

Cette année fêtera le 60e anniversaire du célèbre « appel de l’abbé Pierre » en hiver 1954 : « Il faut que ce soir même dans toutes les villes de France, des pancartes s’affichent où l’on lise ces simple mots : qui que tu sois, entre, dors, mange, reprend espoir, ici, on t’aime. »

Voir l’appel de l’abbé Pierre à travers les archives de l’INA ici

Mini maisons pour sans-abris

Un artiste californien d’Oakland, Gregory Kloehn, a inventé de petites maisons mobiles pour les sans-abri, à partir de matériaux de récupération. Son projet s’appelle « Homeless Homes Project » et fonctionne grâce à des volontaires et l’aide de donations du monde entier.

Ces mini maisons pourraient constituer une aide à la survie à ces sans-abris, si ils les acceptent. Espérons aussi que ce projet sensibilise réellement leur cause pour trouver enfin des solutions durables et dignes d’êtres humains, à leur logement.

Regarder les photos du projet ici

Conchita Wurst alias Tom Neuwirth remporte l’Eurovision

Il s’appelle Conchita Wurst à la scène, Tom Neuwirth à la ville, il est autrichien, a 25 ans, la barbe, de longs cheveux lisses châtains et de grands yeux de biche.

Cet artiste est travesti et sa balade « Rise like a phenix », « Ressusciter comme un phénix », a conquis les membres du jury de l’Eurovision et c’est une première. Une édition 2014 qui ose sortir des sentiers battus pour afficher sa maturité face à la différence.

Les pesticides sur la sellette

Tracteur au labour. Photo :  Arnaudus.Photo : Arnaudus / Wikimedia Commons.

A l’heure des récents pics de pollution aux particules fines en France, principalement issues d’émissions liées à l’activité l’agricole, revenons sur les pesticides et leur utilisation. Eléments de réponses avec Jérôme Jullien, expert en surveillance biologique du territoire, Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio et une enquête de Natureparif sur le sujet.

On les appelle pesticides ou produits phytosanitaires, mais le terme exact est : produits chimiques de synthèse.  « Cela les différencient des produits d’origines végétales, minérales ou animales biologiques », explique Jérôme Jullien, expert référent national en surveillance biologique du territoire pour le ministère de l’Agriculture. « Le terme approprié pour ce qui concerne la protection des végétaux est : produit phytopharmaceutique », précise-t-il.

« Il y a aussi des produits biocides qui permettent la dératisation, la désinsectisation de bâtiments, la désinfection des outils, des serres de culture », ajoute cet expert dont le domaine d’activité recouvre l’état phytosanitaire des cultures et le suivi de l’impact des pesticides sur la biodiversité.

Utilisation des pesticides en France

« Longtemps, les produits phytosanitaires étaient utilisés en quantité importantes de substance actives par hectare », rappelle t-il. « Aujourd’hui, la tendance est d’utiliser ces produits en plus faibles quantités. On compte actuellement 60.000 tonnes de substances actives par an en France, dont 5.200 sont utilisées en zones non-agricoles, au lieu de 85.000 il y a quinze ans. »

Pour Jérôme Jullien, « les agriculteurs sont bien conscients de l’effet possible des produits phytosanitaires qu’ils utilisent », mais le feraient « par obligation la plupart du temps, pour protéger leurs cultures, assurer la qualité des récoltes et des rendements ».

« Effets pervers et chroniques des pesticides »

« Si globalement les produits aujourd’hui sont moins toxiques pour l’homme », précise-t-il, « ils peuvent avoir des effets pervers et chroniques. On parle, par exemple, de perturbateurs endocriniens qui peuvent entrainer des perturbations hormonales impactant sérieusement la santé des utilisateurs qui ne se protègent pas suffisamment. On peut citer aussi l’impact potentiel sur certaines espèces animales ou de flore sauvages », ajoute Jérôme Jullien.

Les communes d’Ile-de-France et les pesticides

L’enquête « Objectif zéro pesticides »sur l’utilisation des pesticides par les collectivités d’Ile-de-France, a été lancée en 2012 et 2014 par Natureparif, l’agence régionale pour la nature et la biodiversité en Ile-de-France.

Pour les deux années, sur les 1397 collectivités que compte l’Ile-de-France, 1281 avaient « renseigné » le questionnaire. Voici un résumé des résultats :

En 2012, 71 % des collectivités qui ont répondu au questionnaire n’utilisent plus de pesticides dans les espaces verts et 79 % n’en font plus usage dans le fleurissement.

Par contre, « Il reste encore majoritaire sur les terrains de sport, la voirie et les cimetières dans plus de la moitié des collectivités enquêtées », révèle Natureparif.

Les chiffres de Natureparif en mars 2014 sont en partie encourageants : 76 % des collectivités renseignées n’utilisent plus de pesticides dans les espaces verts et 81 % d’entre elles n’en font plus usage dans le fleurissement.

En revanche, l’enquête souligne que les pesticides sont « encore courants sur les terrains de sport à 38 %, majoritaires sur la voirie et les cimetières, pour lesquels plus de la moitié des collectivités déclarent utiliser des herbicides (51 %) et des insecticides ou fongicides (67 %) ».

L’alternative de l’agriculture biologique

Elisabeth Mercier est directrice de l’Agence française pour le développement de l’Agriculture biologique. Appelée aussi « Agence Bio », ce groupement d’intérêt public a pour missions de « faciliter l’émergence d’actions de coopérations, réaliser l’Observatoire national de l’Agriculture biologique, informer grand public et professionnels et soutenir le développement de la filière », explique-t-elle, installée sur le stand spacieux du Salon de l’agriculture.

L’agriculture biologique, largement minoritaire en France, représente une alternative à l’agriculture intensive. Elle se développe particulièrement bien dans la filière vin.

« L’agriculture biologique vise le respect de lenvironnement, de la qualité de leau, des sols, de l’air, de la biodiversité, des normes élevées du bien-être animal, avec un engagement de tous les acteurs de la chaine, de la ferme au distributeur », rappelle la directrice de l’Agence bio.

« Produire bio : nourrir le sol qui nourrira la plante »

« Produire Bio, cest travailler avec la nature, cest nourrir le sol de telles sortes quil nourrisse la plante, sans engrais chimique de synthèse, sans pesticide chimique de synthèse, sans utilisation dOGM », ajoute-t-elle. « Cest une démarche qui garantit la naturalité et lauthenticité des produits, préserve ce capital fondamental qui est la ressource naturelle. C’est un atout pour une alimentation durable.», conclue la directrice de l’Agence française pour le développement de l’agriculture biologique, Elisabeth Mercier.

La politique publique encourage la conversion à l’agriculture biologique « avec des aides, versées pendant cinq ans», précise t-elle. Bien que chaque paysan ait sa propre histoire, « certains sont sur le chemin de la Bio depuis longtemps car ils naiment pas les produits chimiques de synthèse et ont des fermes de type extensif. Ils choisissent daller jusquau bout de la démarche et s’engagent à ne pas en utiliser du tout », conclue Elisabeth Mercier.

Pour en savoir plus

Les particules fines surtout issues d’émissions liées à l’activité humaine dans Culturepositive

Pollution aux particules fines : Le ministère de l’Agriculture rappelle certaines recommandations (15.03.2014)

Le suivi du plan Ecophyto gouvernemental (9.12.2013)

Les positions de la Confédération paysanne