Au fil de Culturepositive

Couleurs automnales en Méditerranée languedocienne. Crédits : Isabelle Artus
Couleurs automnales en Méditerranée languedocienne. Crédits : Isabelle Artus

La corneille m’a réveillée ce matin.

L’automne est bien là.

Il fait frais dehors.

Bien le bonjour ! A  la manière des haïkus japonais. Ces très courtes pièces de poésie, instantanés simples et profonds ayants trait à la saison en cours, en trois lignes.

Bonnes nouvelles d’une auteure chère à nôtre cœur, Anne Le Maître, avec la publication de son dernier ouvrage « Fenêtres », dans cette très jolie édition de La renarde rouge.

Cette fois-ci, nous nous retrouvons à sa fenêtre, confortablement assis à côté d’elle–est-elle ouverte par instants, on croirait sentir les odeurs ? – à observer, ressentir le village, les états et subtilités de la nature puissante, doucement captivés par des mots si choisis.

« Tôt le matin, pousser les volets, guetter l’aube qui pointe à travers les rideaux. Jour après jour, de saison en saison, accueillir les premiers flocons et l’arrivée des hirondelles, la montée du brouillard, l’éclosion des lilas… C’est la ronde des saisons qui passe sur la ville. C’est la danse lente du temps à la fenêtre. », décrit l’écrivaine de sa belle plume.

L’urgence de préserver la biodiversité

On parle beaucoup du climat et c’est primordial mais pas assez de la protection des espèces. Quand je dis cela, je parle aussi de l’homme, j’entends : du règne du Vivant. Son sort est très lié à celui de la nature, des espèces, de la biodiversité.

Actuellement, les espèces animales payent gravement et de plus en plus vite les conséquences des inconséquences de l’Homme destructeur.

Une centaine de spécialistes français de la biodiversité se réunissait début octobre à Ramonville, près de Toulouse, pour statuer de la disparition de certaines espèces, à l’initiative de la société Collecte localisation satellite, CLS, une filiale du CNES, Centre national d’études spatiales.

La CLSC a développé un fameux système permettant de suivre depuis l’espace les parcours migratoires de certains animaux, via des balises Argos, afin de les protéger. « Ces trente dernières années, plus de 100 000 animaux ont étés suivis », indiquait La Dépêche, dans son édition du 6 octobre dernier.

Le rapport « Planète vivante »  sur la terre et sa biodiversité

Fin octobre, le WWF publiait son dernier et édifiant rapport « Planète vivante ». L’Organisation mondiale de protection de la nature y lançait encore une fois un message d’urgence :

« Alarmant par son rythme, le déclin de la biodiversité du globe menace la survie des autres espèces et de notre propre avenir, lance t’elle, rappelant « à la fois la gravité de la situation et les solutions à portée de main pour commencer à y remédier. »

Le rapport du WWF poursuit : « L’Indice Planète vivante* révèle que les populations mondiales de poissons, d’oiseaux, de mammifères, d’amphibiens et de reptiles ont régressé de 58 % entre 1970 et 2012 et analyse « Or, à moins d’entamer dès maintenant la réforme de nos systèmes alimentaire et énergétique et d’accomplir les engagements globaux pris pour lutter contre le changement climatique, protéger la biodiversité et soutenir le développement durable, ce pourcentage aura franchi le seuil des deux tiers rien qu’en l’espace du demi-siècle 1970-2020 ».

* L’Indice Planète Vivante, IPV, mesure la biodiversité en collectant les données recueillies sur les populations de différentes espèces de vertébrés et en calculant la variation moyenne de l’abondance au fil du temps.

 Essayons de penser « tâche d’huile », chacun apporte sa pierre à l’édifice d’un monde meilleur, respectueux de la nature et de l’être humain, cela prend peu à peu de l’ampleur, et notre société change vraiment.

Isabelle Artus

 Pour en savoir plus

Le site d’Anne Le Maître

Le site de La renarde rouge

Le site du WWF et rapport Planète vivante

« Notre-Dame des Ronces » : Exquise balade littéraire

Crédits photo : Isabelle Artus
Crédits photo : Isabelle Artus

 

Par un heureux hasard, je suis tombée -en amour- sur le très joli recueil de nouvelles d’Anne Le Maître « Notre-Dame des ronces. Un été à Vézelay ».

L’écrivain y raconte de façon très visuelle, poétique et spirituelle, treize histoires glanées lors de ses cheminements dans la nature bourguignonne : « Rejoindre les moineaux », « Confiture de colère », « L’heure du liseron », « Mauvaises herbes », « Faire silence », etc… le lecteur emboîte avec plaisir le pas de cette artiste observatrice, regarde, découvre et ressent avec elle la beauté de son environnement.

Ce livre bijou fait partie de ces éditions rares qui nous parviennent de bouche à oreille la plupart du temps. De forme élancée, sa matière unique, de papier travaillé jaune très clair un peu épais, revêt un charme fou. On a plaisir à le feuilleter, tourner ses pages et le garder près de soi.

L’ouvrage est est né lors d’une résidence d’écrivain à la maison Jules Roy de Vézelay, l’été 2012, nous dit la dernière page. Anne Le Maître, aussi aquarelliste, a illustré « Notre-Dame des ronces » de délicats dessins ; on l’imagine dans les champs ou sur les chemins caillouteux, un crayon et un carnet de croquis à la main.

Attardons nous sur « Quand tout bascule ».

 « Ce soir, le soleil a décidé de se donner en spectacle (…) Je suis assise à la table de pierre. En descendant derrière le grand sapin, insensiblement, l’astre se teinte d’orange. Bientôt il frôle les bois de la Madeleine. Arrivé à quelques centimètres de la colline, il s’offre le caprice d’un nuage mauve qu’il enrichira d’un filigrane d’or en ses derniers rayons… »

L’auteur décrira la fresque vivante du soleil déclinant et son environnement, le chant d’un merle qui souhaite « bonne nuit ! » à qui veut l’entendre », « le serein qui tombe et lui mouille les pieds »…

Il fait bien bon parcourir la belle nature de « Notre-Dame des ronces » en compagnie d’Anne Le maître. Un conseil d’amie.

Isabelle Artus

Ce livre est édité aux Editions de la Renarde Rouge, 89510 Veron. Pour plus d’informations : http://renarderouge.fr

La semaine de Culturepositive

Sous terre, des « enfants de la lune » heureux 

S’exclamer devant les chauves-souris en vol et admirer les stalactites et stalagmites, c’est la belle aventure qu’on vécu récemment des enfants atteints de la maladie génétique « de la lune » dans la grotte des Moidons, dans le Jura.

Invités par un groupe de spéléologues, ces enfants dont la peau ne supporte pas les rayons ultra violets du soleil, ont pu troquer le temps d’un après-midi leur casque de protection, semblable à celui des astronautes, contre celui de spéléologue.

Les « enfants de la lune » sont environ 5000 dans le monde, selon France 2.

Des instruments de musique datant du Néolithique

En manipulant des pilons de pierre du Néolithique et en les disposant en suspension sur un appui, Eric Gonthier, ethno-minéralogiste au Musée de l’homme, à Paris, a découvert dernièrement à quoi ils servaient réellement.

Ainsi positionnés, les longs cylindres ont pu délivrer des sons cristallins et amples. Ces derniers ont ensuite été étudiés. Leurs spectres sonores correspondent à ceux des cloches. Pour le chercheur et son équipe : « nous avons affaire à des pierres sonores qui datent d’au moins 45.000 ans ».

« Ces pierres provenant du Sahara ont dormi plusieurs décennies dans les réserves du Musée de l’homme à Paris, au milieu des pilons préhistoriques », révèle un reportage-vidéo du CNRS.

Les musiciens de l’orchestre national de France ont ensuite eu le privilège de donner le premier concert contemporain d’instruments néolithiques.

Aubert chante magnifiquement Houellebecq

« Etes-vous mon ami ? Inventez le soleil et l’aurore apaisée. Etes-vous mon ami ? Répondez, répondez… » raconte la chanson « Isolement » du dernier album poétique et profond de Jean-Louis Aubert. La star pop-rock unit son talent -une fois n’est pas coutume- aux mots de l’écrivain Michel Houellebecq et signe « Les parages du vide ». Magnifique.

On sent beaucoup d’inspiration dans cet album dont chaque chanson vous emporte dans son monde. La musique et les arrangements sont ciselés. Ici, une batterie attaque le morceau en frappant ses coups comme des pulsations de cœur, d’une présence efficace et nous saisit d’emblée. Là, une mélodie épurée d’une grande douceur acoustique nous enveloppe. Plus loin, une guitare seule puise à des racines folk.

Jean-Louis Aubert est rare en général et aussi depuis son dernier album, en 2010. Sa voix écorchée et vive, amie, âme-sœur, sonne juste, crie presque parfois, comme ceux aigus d’un cœur souffrant.