La belle semaine de Culturepositive

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« L’histoire du Jazz raconte le pouvoir de la musique à rassembler des artistes de cultures et d’horizons différents, comme levier d’intégration et de respect mutuel. […] C’est à travers le jazz que des millions de gens ont chanté et chantent encore aujourd’hui leur envie de liberté, de tolérance et de dignité humaine ». Le message d’Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco, lançait la troisième Journée internationale du Jazz à Osaka, au Japon, le 30 avril 2014, en partenariat avec le Thelonious Monk Institute of Jazz.

Une édition qui a rendu hommage à l’Afrique, terre mère du jazz, représentée par les meilleurs musiciens de notre temps : Herbie Hancock, pianiste et compositeur américain de renommée mondiale et initiateur de la Journée internationale du jazz, Marcus Miller, pionnier de la guitare basse électrique, le saxophoniste Wayne Shorter, la diva et chanteuse Dee Dee Bridgewater, T.S. Monk, le fils du pianiste-compositeurThelonious Monk, pour n’en citer que quelques uns. Regardez la vidéo du concert ici. 

Le Carreau du Temple, à Paris.
Le Carreau du Temple, à Paris.

Un nouveau temple culturel au cœur de Paris

Le Carreau du Temple, nouveau lieu culturel pluridisciplinaire a ouvert vendredi 25 avril 2014 au cœur de Paris. Haut lieu du commerce des tissus et du cuir en 1810 puis des vêtements, un siècle après, ce majestueux espace de 6500 M2 axe sa programmation sur le corps, à travers le sport, le spectacle vivant et le bien-être. Il ambitionne de brasser des tendances et des esthétiques contemporaines. Visitez le par ici !

L’opéra dansé de Pina Bausch Orphée et Eurydice

Ils étaient nombreux à avoir fait la queue pendant quatre heures à Garnier pour voir l’opéra dansé Orphée et Eurydice, « l’un des deux chefs-d’œuvre » de la grande chorégraphe contemporaine Pina Bausch, selon France 2.

Sur une musique de C. W. Gluck, le spectateur suit Orphée aux enfers chercher son amour Eurydice, à travers quatre tableaux, le deuil, la violence, la paix et finalement la mort. Orphée échouera, Eurydice mourra et disparaîtra à jamais.

Dans une mise en scène sobre, les étoiles, les premiers danseurs et le corps de ballet interprètent avec une grande grâce cette œuvre solennelle. Certains moments resteront gravés en mémoire pour toujours comme ces danseurs et danseuses projetés ensemble en avant et tirant des fils, formant une vague ininterrompue qui va et vient.

Un spectacle à voir jusqu’au 21 mai.

Le Carreau du Temple fait peau neuve

© Fernando Javier Urquijo / studio Milou architecture. Vue depuis l'angle de la rue Perré.
© Fernando Javier Urquijo / studio Milou architecture.
Vue depuis l’angle de la rue Perré.

Le Carreau du Temple, nouveau lieu culturel pluridisciplinaire a ouvert vendredi 25 avril 2014 au cœur de Paris. Haut lieu du commerce des tissus et du cuir en 1810 puis des vêtements un siècle après, ce majestueux espace de 6500 M2 axe sa programmation sur le corps, à travers le sport, le spectacle vivant et le bien-être. Il ambitionne de brasser des tendances et des esthétiques contemporaines. Moments de ce week-end découverte.

Vue de l’extérieur, l’architecture industrielle, contemporaine de Baltard, de fer, de verre et de bois, impose son élégance monumentale. Planté près de l’entrée, un food-truck. Idée pratique en prévision du week-end d’exploration du lieu éclectique. Un homme d’âge mûr propose des flyers. Il fait partie de l’Atelier Local d’Urbanisme. L’ALU est une association du quartier, coordinatrice du projet participatif des habitants à la réhabilitation du Carreau du Temple. Résultat : 4080 votants ont choisi d’y réaliser : « Un espace pour tous ».

© Fernando Javier Urquijo / studio Milou architecture. Mars 2014.
© Fernando Javier Urquijo / studio Milou architecture.
Mars 2014.

« Le Corps sous toutes ses coutures »

Un public de tous âges s’achemine vers la magnifique halle de 1800 M2 du rez-de-chaussée. Dedans, la lumière est partout, côtoie le bois blond et disperse une chaude douceur.
Une gigantesque scène de la largeur du bâtiment a été installée pour les concerts du soir, le griot malien Salif Keita et l’ONJ. Un cercle se forme autour d’un jongleur. Tout le monde s’assied. Les enfants sont captivés. Plus tard, tous se lèveront pour regarder grimper au mât chinois un artiste de la compagnie du Chaos.

La programmation annuelle du Carreau du Temple s’axe sur « Le Corps sous toutes ses coutures ». Elle s’ouvre aux artistes « émergents » dans les domaines des arts de la scène : le théâtre, la danse, les arts du cirque, la musique, les marionnettes. Des résidences donneront un temps de recherche aux créateurs et occasionneront des rencontres avec le public. Le théâtre de la Ville, le théâtre du Rond-Point, Paris Quartiers d’Eté, sont partenaires.

L’infrastructure comprend un auditorium de 250 places, deux studios dojo et danse de 330 M2, un gymnase de 415 M2, un studio d’enregistrement, un bar-restaurant.

© Jeff Rabillon. Toi et moi", compagnie Chatha.
© Jeff Rabillon.
Toi et moi », compagnie Chatha.

Toi et moi, compagnie Chatha

Des bombardements. Deux danseurs posés sur la scène de l’auditorium et éloignés l’un de l’autre. Elle, recroquevillée de dos et lui, de face, médite, assis en tailleur.
Tout doucement, leurs corps engourdis parviennent à bouger, se lever, esquisser des figures, à marcher, à avancer en dansant. Ils se frôlent sans se regarder, trop affairés à la tension de leurs propres corps. A un seul moment ils seront face-à-face, le temps s’arrêtera alors. Mais la promesse d’un échange dure peu dans cette quête virevoltante qui reprend. Un témoignage vibrant de la difficulté à évoluer en souplesse et à communiquer dans notre société.

© Denis Rouvre.
L’ONJ. © Denis Rouvre.

Le soir descend. Quelques notes d’instruments annoncent l’arrivée sur scène de l’ONJ, l’Orchestre National de Jazz dirigé par Olivier Benoit. Le public se rassied par terre. Des enfants courent devant la scène. La formation géniale inaugurera ce soir-là son partenariat avec le Carreau du Temple et jouera deux sets, en alternance avec la compagnie HVDZ de Guy Alloucherie.

Travail de mémoire du quartier de la compagnie HVDZ

« Portrait Carreau du Temple », de la compagnie HVDZ, Hendricks Van Der Zee, a été réalisé en résidence artistique. Il questionne la mémoire du Carreau du temple et du quartier, à travers ses habitants, immigrés pour la plupart. Sous forme, notamment, de portraits vidéo projetés sur deux grands écrans, chacun raconte ses souvenirs ou ceux des anciens de sa famille.

Compagnie Hendrick Van Der Zee - HVDZ  © Guy Alloucherie
Compagnie Hendrick Van Der Zee – HVDZ
© Guy Alloucherie

Le public sourit, s’intéresse, apprend de l’histoire du lieu grâce aux images d’archives. Devant moi, passe une femme souriante aux longs cheveux blonds décolorés. Elle traine un sac à dos vert à roulettes. Une habitante du quartier, c’est sûr. On vient même de la voir interrogée, à l’écran.

Espérons alors que ce nouvel espace soit « un espace pour tous », comme l’ont désiré, par leur vote, les habitants. Que les tarifs des prestations payantes n’écartent pas les habitants aux revenus modestes. Que des réductions pour les séniors et pour les habitants de l’arrondissement soient prévues et que la halle soit ouverte à la libre promenade », souhaite sur son flyer l’association du quartier, ALU.

Isabelle Artus.

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