Au fil de Culturepositive

Couleurs automnales en Méditerranée languedocienne. Crédits : Isabelle Artus
Couleurs automnales en Méditerranée languedocienne. Crédits : Isabelle Artus

La corneille m’a réveillée ce matin.

L’automne est bien là.

Il fait frais dehors.

Bien le bonjour ! A  la manière des haïkus japonais. Ces très courtes pièces de poésie, instantanés simples et profonds ayants trait à la saison en cours, en trois lignes.

Bonnes nouvelles d’une auteure chère à nôtre cœur, Anne Le Maître, avec la publication de son dernier ouvrage « Fenêtres », dans cette très jolie édition de La renarde rouge.

Cette fois-ci, nous nous retrouvons à sa fenêtre, confortablement assis à côté d’elle–est-elle ouverte par instants, on croirait sentir les odeurs ? – à observer, ressentir le village, les états et subtilités de la nature puissante, doucement captivés par des mots si choisis.

« Tôt le matin, pousser les volets, guetter l’aube qui pointe à travers les rideaux. Jour après jour, de saison en saison, accueillir les premiers flocons et l’arrivée des hirondelles, la montée du brouillard, l’éclosion des lilas… C’est la ronde des saisons qui passe sur la ville. C’est la danse lente du temps à la fenêtre. », décrit l’écrivaine de sa belle plume.

L’urgence de préserver la biodiversité

On parle beaucoup du climat et c’est primordial mais pas assez de la protection des espèces. Quand je dis cela, je parle aussi de l’homme, j’entends : du règne du Vivant. Son sort est très lié à celui de la nature, des espèces, de la biodiversité.

Actuellement, les espèces animales payent gravement et de plus en plus vite les conséquences des inconséquences de l’Homme destructeur.

Une centaine de spécialistes français de la biodiversité se réunissait début octobre à Ramonville, près de Toulouse, pour statuer de la disparition de certaines espèces, à l’initiative de la société Collecte localisation satellite, CLS, une filiale du CNES, Centre national d’études spatiales.

La CLSC a développé un fameux système permettant de suivre depuis l’espace les parcours migratoires de certains animaux, via des balises Argos, afin de les protéger. « Ces trente dernières années, plus de 100 000 animaux ont étés suivis », indiquait La Dépêche, dans son édition du 6 octobre dernier.

Le rapport « Planète vivante »  sur la terre et sa biodiversité

Fin octobre, le WWF publiait son dernier et édifiant rapport « Planète vivante ». L’Organisation mondiale de protection de la nature y lançait encore une fois un message d’urgence :

« Alarmant par son rythme, le déclin de la biodiversité du globe menace la survie des autres espèces et de notre propre avenir, lance t’elle, rappelant « à la fois la gravité de la situation et les solutions à portée de main pour commencer à y remédier. »

Le rapport du WWF poursuit : « L’Indice Planète vivante* révèle que les populations mondiales de poissons, d’oiseaux, de mammifères, d’amphibiens et de reptiles ont régressé de 58 % entre 1970 et 2012 et analyse « Or, à moins d’entamer dès maintenant la réforme de nos systèmes alimentaire et énergétique et d’accomplir les engagements globaux pris pour lutter contre le changement climatique, protéger la biodiversité et soutenir le développement durable, ce pourcentage aura franchi le seuil des deux tiers rien qu’en l’espace du demi-siècle 1970-2020 ».

* L’Indice Planète Vivante, IPV, mesure la biodiversité en collectant les données recueillies sur les populations de différentes espèces de vertébrés et en calculant la variation moyenne de l’abondance au fil du temps.

 Essayons de penser « tâche d’huile », chacun apporte sa pierre à l’édifice d’un monde meilleur, respectueux de la nature et de l’être humain, cela prend peu à peu de l’ampleur, et notre société change vraiment.

Isabelle Artus

 Pour en savoir plus

Le site d’Anne Le Maître

Le site de La renarde rouge

Le site du WWF et rapport Planète vivante

L’ oasis de Maxime

 

Une oasis de verdure rafraîchissant en pleine ville. Crédits Photo : Isabelle Artus
Une oasis de verdure rafraîchissante en pleine ville. Crédits Photo : Isabelle Artus

Je rentrais chez moi en vélo par un bel après-midi de printemps, enfin ensoleillé.

En passant devant la vieille maison toulousaine, la seule du quartier des Mazades à garder son caractère intact, avec son grand jardin naturel aux  arbres centenaires sans doute, je vis un homme près du grillage. « Il y a quand même quelqu’un ici », pensais-je.

Souvent, je me suis arrêtée devant, véritable oasis en pleine ville, la végétation cachant ce carré de verdure tout en longueur et, au fond, la bâtisse se devinant entre les branchages.

D’une stature d’environ 1m80, élancé et costaud, l’homme était vêtu d’un jean usé, d’une chemise blanche légèrement ouverte et parlait avec un jeune homme noir, de l’autre côté du grillage. En me voyant arriver, il se tourna aussitôt pour rentrer chez lui et le jeune homme s’effaça, plus rapide que l’éclair, pour disparaitre. Je pris sa place derrière le grillage.

« Monsieur ! », « Monsieur ! » appelais-je d’une voix assez forte pour qu’il m’entende. Il se retourna et vint vers moi.

Comme il me fixait étrangement, je lui expliquais que j’étais nouvelle résidente du voisinage et que sa maison m’inspirais. « J’en vois beaucoup, des promoteurs immobiliers, vous savez ! », me lança t-il en grimaçant, jetant un œil observateur sur mon deux roues.

Puis, il me raconta sa vie dans un flot continu de paroles car il avait envie de discuter. Sa compagne était très avare, il connaissait bien le Jura et avait beaucoup randonné, surtout vers Nice. D’ailleurs, il connaissait bien la ville pour y avoir vécu jeune-homme. Il habitait alors dans une caravane, « vous savez, je travaillais toute la journée, c’était pratique ». Et beaucoup plus de souvenirs encore…

Aujourd’hui, le vieux voisin coupe du bois dehors et donne à manger à ses lapins angora. « Les gens font des trous dans le grillage pour les nourrir mais ils peuvent s’échapper, je leur ai déjà dit mille fois… »

 Alors que je lui faisais remarquer la beauté sauvage de sa propriété, l’unique véritable ilot de biodiversité restant du quartier, il reprit : « Ils veulent faire des lots. Quand je serais mort, on ne pourra plus rien, tous mes frères et sœurs ont déjà une maison, alors… ».

Mon voisin à 82 ans et nous l’appellerons Maxime.

Il connaît la valeur d’un arbre, le temps qu’il met à devenir adulte, l’ombre fraîche qu’il procure en été, les fleurs où les abeilles peuvent butiner, les papillons qui aiment à s’y attarder et les milliers d’insectes et petites bêtes qui le peuplent et l’enrichissent. Maxime vit en harmonie avec son environnement, sans le détruire, et il y vit heureux. Longue vie Maxime car nous aussi nous profitons de votre jardin !

Isabelle Artus

Dernières nouvelles de la survie des abeilles 

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Alors que le combat pour la défense des abeilles continue à travers l’interdiction de l’utilisation de néonicotinoïdes, celui sur la préservation des abeilles noires locales progresse ! 

Il y a déjà bientôt un an,  » l’Assemblée nationale avait voté en faveur d’un amendement déposé par Gérard Bapt (Haute Garonne) et Delphine Batho (Deux-Sèvres), pour l’interdiction pure et simple des néonicotinoïdes à compter du 1er janvier 2016″, rappelle Pollinis, l’association indépendante et sans but lucratif qui milite pour accélérer la transition en agriculture durable en Europe, respectueuse de l’environnement et des pollinisateurs dont elle dépend. 

Cette grande avancée a été remise en cause ensuite par le vote du Sénat. Néanmoins, « le combat contre les Néonics se poursuit à l’Assemblée », relève Pollinis qui appelle à la mobilisation pour faire inscrire dans la loi une nouvelle interdiction des néonicotinoïdes en France dès la fin du mois de février. Lire leur article ICI 

Fortes avancées pour sauver l’abeille noire

Bonnes nouvelles du côté de l’abeille noire. Dans une publication récente, Pollinis rapporte leur réussite à « fédérer une dizaine de Conservatoires de l’abeille noire, notre abeille locale, aujourd’hui menacée ». L’association, spécialisée dans la défense de l’environnement et des pollinisateurs, précise que « l’abeille noire, abeille ouest-européenne, maillon essentiel de la biodiversité de cette zone, est confrontée à une course à la rentabilité à court terme qui privilégie l’importation d’abeilles souvent inadaptées à nos territoires et plus fragiles. »

Ces conservatoires « élèvent les abeilles noires au sein de ruchers préservés de toute hybridation génétique avec d’autres sous-espèces d’abeilles, ils défendent des pratiques apicoles respectueuses de l’abeille et de ses cycles de vie (pas de transhumance, pas de sur-nourrissement avec du sirop de sucre, etc.), et sensibilisent le public à la préservation de cette butineuse locale », explique Pollinis.

La fête de l’abeille noire

Cette fameuse abeille est aussi la star de la « Fête de l’abeille noire et des gastronomies traditionnelles et innovantes » à Pont-de-Montvert en Lozère. La deuxième édition a eu lieu les 7 et 8 novembre derniers. Regardez la vidéo ci-dessous.

Plus d’informations

Pour plus de détails sur les effets négatifs des néonicotinoïdes, voir l’article de Culturepositive sur le forum « Pour l’interdiction des néonicotinoïdes » du 24 juin 2015 à l’Assemblée nationale :

Isabelle Artus

Balade matinale en Languedoc

Une ribambelle d'escargots ont élu domicile sur les herbes les plus solides. Crédit photo : Isabelle Artus
Sur la départementale près de Vias, une ribambelle d’escargots a élu domicile sur les herbes les plus vigoureuses. Crédits photo : Isabelle Artus
Il a plu la veille dans la nuit et ce matin, le ciel est encore chargé de nuages noirs. La campagne respire la terre humide. Cette marche matinale à la sortie du bourg de Vias, en Languedoc, me remplit de bonheur.
Sur la départementale assez chaotique par endroits, je ne croise aucune voiture, juste un cycliste en habit de courreur professionnel et un joggeur aux foulées régulières.
Calme plat donc à l’horizon. Le bas-côté de la route est peuplé de ribambelles d’escargots à la queue leu leu le long d’herbes sèches et de fenouils sauvages, par grappes. De délicats petits liserons roses, d’autres blancs, colorent l’herbe de ci, de là.
Je passe devant le champs des deux poneys dont le propriétaire s’occupe avec soin et beaucoup de présence. Son jardin potager, au milieu, a belle allure ; de la route, on peut en apercevoir les pieds de tomates dépasser, tout droits.
Près de Vias, Languedoc. Crédits photo : Isabelle Artus
Bas-côtés près de Vias, Languedoc. Crédits photo : Isabelle Artus
Un vol d’une dizaine de petits oiseaux en voyage de groupe se met à raser l’herbe plus loin. Ils semblent s’amuser. Un coq lance son chant dont la partition coupe l’atmosphère aussi sec. La joie m’envahit. Ces bruits qui rythment la campagne constituent pour moi de réels repères d’équilibre, un vrai soulagement de l’âme.
Tout d’un coup, l’envie me prend d’observer la campagne environnante en profondeur. Pourquoi les papillons sont-ils si rares ici et de nos jours en général ? Les sauterelles ont-elles disparu ? Je n’en vois pas. Je me souviens qu’en Provence, tous rivalisaient de couleurs. Avec mon frère et ma soeur, nous adorions donner un peu d’élan aux insectes sauteurs en touchant doucement leur arrière-train. Certains étaient bleus, d’autres rouges, jaunes, et jusqu’au dernier moment, c’est-à-dire leur saut, on se demandait quelle couleur avait leurs ailes.
Rencontre avec un habitant des bas-côté vers Vias, Languedoc. Crédits photo : Isabelle Artus
Rencontre avec un habitant des talus vers Vias, Languedoc. Crédits photo : Isabelle Artus
Ici, les amandiers sont « caffis » de fruits secs, un mot d’ici qui veut dire « pleins », leurs peaux épaisses devenues noires entrouvertes, découvrant les coques blondes.
Arrivée au carrefour de la route qui mène à l’exploitation viticole abandonnée et son magnifique ancien bâtiment aux dimensions gigantesques, je décide de faire demi-tour. Le temps me manque.
Puis, le soleil opère une trouée qui change totalement l’atmosphère alentour. Tout d’un coup, il fait très chaud. La promenade se termine.
A bientôt au détour des chemins de campagne.
Isabelle Artus
Crédits photo : Isabelle Artus
Crédits photo : Isabelle Artus

« Les bestioles du jardin partagé des Nouzeaux vues par les enfants »

Culturepositive revient sur le thème de la nature et l’éducation à l’environnement avec le projet « Les bestioles du jardin partagé des Nouzeaux ». Je l’ai conçu en tant que journaliste multimédia et adhérente du jardin partagé et il m’a beaucoup accaparée !

Ce projet s’axe sur la découverte et la photographie par les enfants de la biodiversité animale en pleine ville -mais en pleine nature !-, au jardin partagé des Nouzeaux, à Malakoff.

Les élèves de la classe de Marion Outin à la recherche de bestioles du jardin partagé des Nouzeaux.  Photo : I. Artus
Les élèves de la classe de Marion Outin, enseignante à l’école Paul Bert à Malakoff,  à la recherche de bestioles du jardin partagé des Nouzeaux. Photo : I. Artus

Une aventure naturaliste et photographique pour les enfants

En mai dernier, pendant plusieurs après-midi de jardinage aux Nouzeaux, deux maitresses et leurs classes de CP et CE1, quelques parents accompagnateurs et des adhérents du jardin partagé, ont participé à cette aventure naturaliste et photographique.

L’objectif était d’abord que les 44 élèves de sept à neuf ans observent les petites bêtes qui y avaient élu domicile, avec l’aide de loupes ou à l’oeil nu. Dans un deuxième temps, les enfants devaient les photographier avec un appareil Reflex 55 mm.

L’escargot trouvé par Meïssa au jardin partagé des Nouzeaux. Photo : Meïssa.

Un a un, ils ont reçu un apprentissage pour pouvoir réaliser de bons clichés en vue d’une exposition publique programmée tout le mois de juin sur les grilles mêmes du jardin des Nouzeaux.

L'exposition du projet "Les bestioles du jardin partagé des Nouzeaux vues par les enfants" a duré tout le mois de juin sur les grilles du jardin.  Photo : I. Artus
L’exposition du projet « Les bestioles du jardin partagé des Nouzeaux vues par les enfants » a duré tout le mois de juin sur les grilles du jardin. Photo : I. Artus

Une des deux enseignantes participantes, Marion Outin, de l’école Paul Bert, venait depuis octobre 2013 jardiner aux Nouzeaux avec sa classe. Elle explique pourquoi elle a participé au projet sur les bestioles : « Le jardinage ouvrait sur l’étude des insectes et l’approche de la biodiversité que je trouve très intéressante. Les enfants ont appris le cycle de vie des plantes mais aussi qu’on a besoin des insectes, ils ont un rôle très important ».

Les élèves ont pu faire le lien entre les insectes et le jardinage, précise t-elle : « Quand on jardine, c’est aussi important de respecter les insectes. Certains nous pose des problèmes, d’autres nous rendent service, c’est une façon de rendre les enfants conscients de tout ça, que les animaux sont liés aux végétaux et que nous, notre rôle, c’est de les protéger et de faire en sorte que toutes les espèces soient respectées », conclut-elle.

Armés de patience, les enfants étaient pris au jeu de l’observation des petites bêtes du jardin partagé. Certains connaissaient très peu la nature et son environnement. D’autres, d’habitude apeurés par les araignées, se sont petit à petit acclimatés à leur présence. On les entendait parler entre eux du respect de la nature.

Une iule photographiée par Ethan au jardin des Nouzeaux. Photo : Ethan
Une iule photographiée au jardin des Nouzeaux par Ethan, de la classe de Claudine Moissard. Photo : Ethan

L’enseignante Marion Outin confie à ce propos: « Les insectes, je trouve que c’est bien de les étudier avec les petits parce qu’ils ont souvent mauvaise réputation. Certains enfants n’avaient pas envie de les toucher. Ils sont devenus observateurs et n‘ont pas (aujourd’hui) le même regard sur les insectes, après ce projet ».

Invité à donner son avis, le père d’Alix, une petite fille de la classe de CE1 de Marion Outin, livre : « Comme je le disais à son institutrice,  je perçois les effets périphériques au niveau de l’attention de ma fille, l’attention à ce qui est vivant ; elle se montre vraiment attentive aux fleurs, elle développe quelque chose de l’ordre de l’intelligence de l’autre, la compassion, le souci du soin du vivant, c’est très très net ».

Un répertoire des bestioles du jardin partagé

Les élèves ont répertorié des bestioles étonnantes. Un papillon de nuit en habits de camouflage, tout droit sorti de l’armée, une minuscule coccinelle jaune défiant les couleurs habituelles de ses congénères, une larve de chenille stylée sport, dirait-on, une limace tigrée … Toutes ces observations sont autant de preuves d’une biodiversité diverse et bien vivante au jardin partagé des Nouzeaux.

La chenille bicolore de Teddy. Photo : Teddy
La chenille bicolore de Teddy. Photo : Teddy

Volet pédagogique en classe

Entre temps, les deux maitresses étudiaient en classe les insectes et autres petits animaux trouvés au jardin.

Claudine Moissard, enseignante de l’école Guy Môquet, a eu l’idée d’augmenter mon projet de croquis et de petits textes sur les bestioles. Celui d’Elsa est même écrit en vers : « Le gendarme. C’est un insecte qui a six pattes. Il mange des petites feuilles. Avec son masque africain, il fait peur aux oiseaux. Je l’ai trouvé dans la friche du jardin partagé des Nouzeaux ».

Certains dessins révèlent un talent digne des meilleures illustrations de livres de jeunesse, avec leur légende précise. « J’ai dessiné mon gendarme et aussi j’ai fait des flèches pour indiquer les antennes, la tête, le thorax, les pattes et l’abdomen », explique Elsa.

L'araignée. Croquis de Justine. Photo : I. Artus
L’araignée. Croquis de Justine. Photo : I. Artus

Porteuse du projet, l’idée m’est venue ensuite de photographier les enfants et d’associer leurs visages à la bestiole qu’ils avaient découvert et photographiée, pour que le public comprenne d’un seul coup d’oeil quel enfant a trouvé quelle petite bête.

Vernissage de l'exposition "Les bestioles du jardin partagés Nouzeaux vues par les enfants", le dimanche 8 juin 2014 au jardin des Nouzeaux. Photo : I. Artus
Vernissage de l’exposition « Les bestioles du jardin partagés Nouzeaux vues par les enfants », le dimanche 8 juin 2014 au jardin des Nouzeaux. Photo : I. Artus

Le jardin partagé, lieu d’apprentissage de la démocratie locale

Pour Marielle Topelet, secrétaire de l’association du jardin partagé des Nouzeaux et ex-élue à la démocratie locale et aux conseils de quartiers à Malakoff, ce jardin partagé est une « réussite dans le sens où il permet toutes sortes de réalisations au delà du jardinage de ses membres ». On peut y constater, dit-elle, un « apprentissage de la démocratie locale au quotidien » car ici « ensemble, on peut faire des choses extraordinaires comme les carrés de jardinage, les photos ».

Parents d'élèves, enfants, adhérents du jardin partagé, public curieux, lors de l'exposition sur l'observation de la biodiversité animale du jardin partagé des Nouzeaux, le 8 juin 2014. Photo : I. Artus
Parents d’élèves, enfants, adhérents, public curieux, lors de l’exposition sur l’observation de la biodiversité animale du jardin partagé des Nouzeaux, le 8 juin 2014. Photo : I. Artus

Isabelle Artus

– Bonne nouvelle ! 44 photos de lexposition seront exposées en juillet et août dans le hall d’entrée de la mairie de Malakoff.

Le jardin partagé a son blog : CLIQUEZ ICI. Attention ! il est en cours de migration sur WordPress et sera bientôt complet !

L’ancien Blog des Nouzeaux, pour voir toutes les archives

La mairie a réalisé une vidéo sur le projet de jardinage et le projet de la découverte de la biodiversité animale par les enfants. CLIQUEZ ICI

Une semaine avec « Le Monde »

Matthieu Ricard, porte-parole et traducteur du dalaï lama.
Matthieu Ricard, porte-parole et traducteur du dalaï lama. Photo : M. Ricard/Wikimedia Commons.

Matthieu Ricard, moine bouddhiste, traducteur du dalaï lama, porte haut la parole de cet enseignement. Auteur de plusieurs livres, il a récemment écrit « Plaidoyer pour l’altruisme » où il développe les bienfaits de la méditation sur la santé.

Mais Matthieu Ricard va encore plus loin. Il a accepté d’être le « cobaye » de recherches menées par l’Institut Mind and Life. Cet organisme, mis en place par son chef spirituel tibétain, est spécialisé dans les « sciences contemplatives », une récente discipline qui étudie les sciences cognitives et le bouddhisme.

Dans un entretien avec Le Monde cette semaine, le porte-parole francophone du Bouddhisme explique que « des IRM effectuées sur des sujets pratiquant la méditation sur l’amour altruiste ont objectivé une stimulation des aires cérébrales associées aux émotions positives ».

Dernier palmier Hyophorbe-amaricaulis se trouve à Curepipe, à l'Ile Maurice.
Le dernier palmier Hyophorbe-amaricaulis se trouve à Curepipe, à l’Ile Maurice. Photo : Coolth/Wikimedia Commons.

Jardin botanique du XVIIIe siècle en péril à Maurice

Horreur ! « Le déclin du jardin de Pamplemousses », joyau botanique de l’Ile Maurice, datant du XVIIIe siècle, lit-on dans Le Monde. Des espèces nuisibles ont envahi les célèbres nénuphars Victoria géants, les écriteaux nous indiquant le nom de la plante rapportée par tel navigateur de l’époque coloniale, sont détruits. Tout un pan de l’histoire botanique de cette époque est à l’abandon.

J’ai connu ce jardin, en mission à l’Ile Maurice pour une émission de RFI dans toutes les langues des îles françaises  « Nous près, nous loin ». Je me rappelle d’un havre de paix merveilleux au microclimat relaxant. Ce jardin Pamplemousse qui « abriterait 600 espèces d’arbres dont 80 palmiers, n’est plus ce qu’il était », écrit Le Monde. Il foisonnait d’espèces rares et endémiques de l’Océan Indien, il y a 15 ans. Partout, des arbres multi-centenaires se dressaient, imposant leur stature.

Malgré les recommandations renouvelées de l’ambassade de France qui a proposé un plan de restauration, « aucune décision n’a pour l’heure été prise », précise Le Monde. Quel perte ce serait pour l’humanité !

Sauvetage à Brest d’une plante mauricienne en voie d’extinction

La bonne nouvelle sur la biodiversité de cet incomparable joyau multi-ethnique posé sur l’Océan Indien, vient du conservatoire de Brest, grâce au botaniste éclairé, Jean-Yves Lesouëf. Il y avait récolté, comme dans le monde entier, des graines de plantes en voie de disparition.

En liaison avec le service de conservation de l’Ile Maurice, les chercheurs du conservatoire de Brest et de l’Institut national de recherche agronomique de Ploudaniel, en Bretagne, on ensuite réussi à faire pousser quelques plants avec des techniques de multiplication in vitro.

« Endémique mais éteinte depuis les années 90 », la Cylindrocline lorencei, « pourrait être replantée sur l’île », indique Le Monde. Reste à sauver une des plantes les plus rares de la planète : un palmier du nom de Hyophorbe amaricaulis, dont un seul pieds chétif existe au jardin botanique de Curepipe à Maurice. Espérons qu’efforts et bonnes volontés parviendront à ce but louable.

Les pesticides sur la sellette

Tracteur au labour. Photo :  Arnaudus.Photo : Arnaudus / Wikimedia Commons.

A l’heure des récents pics de pollution aux particules fines en France, principalement issues d’émissions liées à l’activité l’agricole, revenons sur les pesticides et leur utilisation. Eléments de réponses avec Jérôme Jullien, expert en surveillance biologique du territoire, Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio et une enquête de Natureparif sur le sujet.

On les appelle pesticides ou produits phytosanitaires, mais le terme exact est : produits chimiques de synthèse.  « Cela les différencient des produits d’origines végétales, minérales ou animales biologiques », explique Jérôme Jullien, expert référent national en surveillance biologique du territoire pour le ministère de l’Agriculture. « Le terme approprié pour ce qui concerne la protection des végétaux est : produit phytopharmaceutique », précise-t-il.

« Il y a aussi des produits biocides qui permettent la dératisation, la désinsectisation de bâtiments, la désinfection des outils, des serres de culture », ajoute cet expert dont le domaine d’activité recouvre l’état phytosanitaire des cultures et le suivi de l’impact des pesticides sur la biodiversité.

Utilisation des pesticides en France

« Longtemps, les produits phytosanitaires étaient utilisés en quantité importantes de substance actives par hectare », rappelle t-il. « Aujourd’hui, la tendance est d’utiliser ces produits en plus faibles quantités. On compte actuellement 60.000 tonnes de substances actives par an en France, dont 5.200 sont utilisées en zones non-agricoles, au lieu de 85.000 il y a quinze ans. »

Pour Jérôme Jullien, « les agriculteurs sont bien conscients de l’effet possible des produits phytosanitaires qu’ils utilisent », mais le feraient « par obligation la plupart du temps, pour protéger leurs cultures, assurer la qualité des récoltes et des rendements ».

« Effets pervers et chroniques des pesticides »

« Si globalement les produits aujourd’hui sont moins toxiques pour l’homme », précise-t-il, « ils peuvent avoir des effets pervers et chroniques. On parle, par exemple, de perturbateurs endocriniens qui peuvent entrainer des perturbations hormonales impactant sérieusement la santé des utilisateurs qui ne se protègent pas suffisamment. On peut citer aussi l’impact potentiel sur certaines espèces animales ou de flore sauvages », ajoute Jérôme Jullien.

Les communes d’Ile-de-France et les pesticides

L’enquête « Objectif zéro pesticides »sur l’utilisation des pesticides par les collectivités d’Ile-de-France, a été lancée en 2012 et 2014 par Natureparif, l’agence régionale pour la nature et la biodiversité en Ile-de-France.

Pour les deux années, sur les 1397 collectivités que compte l’Ile-de-France, 1281 avaient « renseigné » le questionnaire. Voici un résumé des résultats :

En 2012, 71 % des collectivités qui ont répondu au questionnaire n’utilisent plus de pesticides dans les espaces verts et 79 % n’en font plus usage dans le fleurissement.

Par contre, « Il reste encore majoritaire sur les terrains de sport, la voirie et les cimetières dans plus de la moitié des collectivités enquêtées », révèle Natureparif.

Les chiffres de Natureparif en mars 2014 sont en partie encourageants : 76 % des collectivités renseignées n’utilisent plus de pesticides dans les espaces verts et 81 % d’entre elles n’en font plus usage dans le fleurissement.

En revanche, l’enquête souligne que les pesticides sont « encore courants sur les terrains de sport à 38 %, majoritaires sur la voirie et les cimetières, pour lesquels plus de la moitié des collectivités déclarent utiliser des herbicides (51 %) et des insecticides ou fongicides (67 %) ».

L’alternative de l’agriculture biologique

Elisabeth Mercier est directrice de l’Agence française pour le développement de l’Agriculture biologique. Appelée aussi « Agence Bio », ce groupement d’intérêt public a pour missions de « faciliter l’émergence d’actions de coopérations, réaliser l’Observatoire national de l’Agriculture biologique, informer grand public et professionnels et soutenir le développement de la filière », explique-t-elle, installée sur le stand spacieux du Salon de l’agriculture.

L’agriculture biologique, largement minoritaire en France, représente une alternative à l’agriculture intensive. Elle se développe particulièrement bien dans la filière vin.

« L’agriculture biologique vise le respect de lenvironnement, de la qualité de leau, des sols, de l’air, de la biodiversité, des normes élevées du bien-être animal, avec un engagement de tous les acteurs de la chaine, de la ferme au distributeur », rappelle la directrice de l’Agence bio.

« Produire bio : nourrir le sol qui nourrira la plante »

« Produire Bio, cest travailler avec la nature, cest nourrir le sol de telles sortes quil nourrisse la plante, sans engrais chimique de synthèse, sans pesticide chimique de synthèse, sans utilisation dOGM », ajoute-t-elle. « Cest une démarche qui garantit la naturalité et lauthenticité des produits, préserve ce capital fondamental qui est la ressource naturelle. C’est un atout pour une alimentation durable.», conclue la directrice de l’Agence française pour le développement de l’agriculture biologique, Elisabeth Mercier.

La politique publique encourage la conversion à l’agriculture biologique « avec des aides, versées pendant cinq ans», précise t-elle. Bien que chaque paysan ait sa propre histoire, « certains sont sur le chemin de la Bio depuis longtemps car ils naiment pas les produits chimiques de synthèse et ont des fermes de type extensif. Ils choisissent daller jusquau bout de la démarche et s’engagent à ne pas en utiliser du tout », conclue Elisabeth Mercier.

Pour en savoir plus

Les particules fines surtout issues d’émissions liées à l’activité humaine dans Culturepositive

Pollution aux particules fines : Le ministère de l’Agriculture rappelle certaines recommandations (15.03.2014)

Le suivi du plan Ecophyto gouvernemental (9.12.2013)

Les positions de la Confédération paysanne

Les enjeux de la nature en ville

SONY DSC« Les villes nature : utopie ou réalité ? » était le thème de la conférence publique de Natureparif  jeudi 6 février dernier, l’agence régionale pour la nature et la biodiversité en Ile-de-France, dans l’auditorium de la société nationale d’horticulture de France, rue de Grenelle, à Paris. 

En France, les villes prennent de plus en plus d’espace sur le territoire national et les trois quarts environ de la population y habitent. Selon l’Insee : « La superficie de l’espace urbain en métropole a progressé de 20 % environ en dix ans, passant de 100 000 à 119 000 km2. En 2010, les villes occupent 22 % du territoire et abritent 47,9 millions d’habitants, soit 77,5 % de la population ».

Les conditions de vie en ville sont donc fondamentales. Pendant deux heures, l’écologue Marc Barra et le chargé de mission Ecologie urbaine Jonathan Flandin, tous deux de Natureparif, ont exposé les nombreux services rendus par la nature en ville et donc aux citadins et alerté sur sa nécessaire sauvegarde par une gestion écologique.

La réduction de l’effet « ilots de chaleur urbain »

Pour Jonathan Flandin, en ville, la végétation réduit l’effet « ilots de chaleur urbain », augmente l’hygrométrie (humidité de l’air) et le stockage du dioxyde de carbone ou CO2, un des principaux gaz à effet de serre.

Elle régule aussi la qualité de l’air et les pathogènes, les agents infectieux comme par exemple l’anophèle, le moustique qui transmet le paludisme, poursuit le chargé de mission Ecologie urbaine. La nature intervient aussi dans le processus de désimperméabilisation des sols (Strasbourg), a-t-il ajouté.

Des pratiques qui tuent le vivant

L’exposé a ensuite dressé une liste de pratiques qui tuent le vivant. Insecticides, fongicides, herbicides, parasiticides, phytopharmaceutiques … De la « pollution aux pesticides », précise Jonathan Flandin. Les jardiniers amateurs seraient les premiers en cause, suivis des collectivités de la voirie et des espaces verts puis de la SNCF, la DDE.

Des impacts sur la santé

Ces produits chimiques auraient des impacts sur l’homme et sur l’environnement, développe Jonathan Flandin, qui cite une étude de l’Inserm, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. L’usage des pesticides, par exemple, représente selon lui, 30 % des contaminations de l’eau.

Il a ensuite évoqué la règlementation avec notamment l’arrêté du 27 juin 2011 qui interdit l’usage de certains produits dans des lieux public ou sensibles comme des hôpitaux. Cependant, a-t-il dit, en Ile-de-France : « la grande majorité est engagée dans une demande de réduction ».

Comment agir pour une gestion écologique ?

Des solutions comme multiplier les habitats et micro-habitats offrent une place à la faune et la flore rendent favorable la biodiversité en milieu urbain. Les prairies, éco-pâturages (Lille, Montreuil), les haies dites « champêtres », constituent autant de corridors écologiques.

Dans les coulées vertes, routes, voies ferrées, marres, murs et murets en pierre viennent se nicher des espèces. Il est possible aussi d’aménager des abris pour la faune comme des hôtels à insectes, des tas de bois où logeront d’autres animaux.

Ne pas oublier de communiquer

Après la mise en place de ces (bonnes) actions, il est essentiel de communiquer, conclut Jonathan Flandin. Sur le terrain : « des panneaux à messages : « Ici, espace sans pesticides », peuvent être créés par les classes d’écoles » et avoir une dimension éducative.

La place de la nature dans le bâti

L’écologue Marc Barra a poursuivi la conférence publique « Les villes nature : utopie ou réalité ? » sur le thème de la place de la nature dans le bâti. L’importance de l’énergie grise, c’est-à-dire celle dépensée à la production et à la fabrication des matériaux ou des produits, l’utilisation de matériaux bio sourcés, les plantes du processus d’épuration des eaux…

Marc Barra  a clos son exposé en annonçant le thème de la prochaine conférence publique sur les pesticides, le 20 mars prochain, 84, Rue de Grenelle, 75007 Paris.

Isabelle Artus

Pour en savoir plus 

Programme 2014 des conférences Natureparif

Etat de santé de la biodiversité 2012-2013 (Natureparif)

Diagnostic de l’état de santé biodiversité francilienne (Natureparif)