La nouvelle petite forme de Culturepositive

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Culturepositive lance une nouvelle petite forme éditoriale à l’affut des trouvailles, bonnes idées et bonnes pratiques du moment, ici, pas loin. Son esprit est celui de son écosystème : se faire l’écho d’un mieux vivre respecteux de la nature et de l’humain. Elle reviendra régulièrement. Bonne lecture !

Vif, sympa, sportif, réactif, il file où vous êtes sur son triporteur-atelier jaune : qui est-ce ? C’est Camille, un des premiers réparateurs de vélo à domicile à Toulouse. « Le premier à lancer ce service était à Marseille mais là-bas, ça monte et ça descend, c’est pas comme ici », m’explique t-il, tout en dépliant sa grande caisse à l’avant pour en sortir ses outils. A bord de son engin à mobilité douce, il sillonne Toulouse assurant dépannage, entretiens et diagnostic chez vous. En deux minutes, le voici qui déplie ce qui ressemble à un énorme pieds de caméra ou de lumière pour le cinéma : il y fixe votre vélo et travaille ensuite aisément dessus. « Au début, c’était difficile mais maintenant ça marche à fond », confie Camille.
Son entreprise, MécaniCycle, est un modèle de bonnes pratiques environnementales et de proximité. Allez Camille !

Il est toujours agréable de découvrir un musicien qui invente des mélodies apaisantes. Elles vous accompagnent en voiture sur des kilomètres et l’on se prend même à rêver rouler sur des highway interminables de Californie. Je suis tombée dessus un beau jour, non pas par hasard car je n’y crois pas, mais par bonheur. J’ai envie de vous faire profiter de son inspiration : il s’appelle J.D Sage, il est canadien et fabrique une subtile diffusion de notes !
Ecoutez : What about me
Ecoutez : Sound and images

Christophe Bernard, lui, est un herboriste passionné, enseignant et auteur. Il vit dans le Lubéron, non loin de là où je suis née, une part de paradis sur terre. Son blog « Althéa Provence » est une mine d’informations sur les plantes. Récemment, il a mis en ligne un podcast : « Pourquoi s’intéresser aux plantes » où il pointe l’utilité de ranimer ce savoir perdu. « On a pas su garder intacts et vivants les deux savoirs de la science et des plantes, comme l’on fait les Chinois, par exemple, regrette t-il. On a perdu le savoir-faire au profit du savoir livresque, celui de bouche à oreille, de maître à élève, de mère en fille, quand votre quelqu’un chez vous se foule la cheville et qu’on lui fait un cataplasme de consoude. C’est un savoir de toucher, d’observation, de ressenti… » Ecoutez son Podcast en entier ici 

Ainsi s’achève pour aujourd’hui cette nouvelle petite forme éditoriale à retrouver régulièrement.

Notez déjà que Culturepositive vous propose bientôt un zoom sur l’arthérapeute et artiste ariégeoise Monika Walter qui a fait de l’art de vivre et du droit au bonheur sa marque de fabrique, par la danse libre, la peinture en mouvements et l’art culinaire.

Isabelle Artus

Culturepositive, écosystème témoin d’un mieux vivre respectueux de la nature et de l’humain.

*Culturepositive remercie Sacha Hartgers pour son joli logo

Pleins feux sur la « Nuit de la lumière »

La troupe de la compagnie Karnavires, à Toulouse, le 1er juillet 2016. Photo : Isabelle Artus

La compagnie Karnavires, à Toulouse, le 1er juillet 2016. Photo : Isabelle Artus

Belle soirée festive pour la « Nuit de la lumière » ce vendredi 1er juillet, organisée par le centre culturel Bonnefoy dans l’agréable parc Michelet.  

Bien-être au vert, convivialité sous les arbres au son de chansons françaises reprises en chœur par le public, duo de comédiens talentueux, production pyrotechnique spectaculaire, il faisait bon être là hier.

Tandis que les deux complices à l’humour décalé de la compagnie 24 carats déambulaient entre le public sur la pelouse et près de la buvette, les enfants s’amusaient sous les arbres aux jeux d’extérieur.

Moments de poésie entre jeux de lumières et reflets sur l'eau. Photo : Isabelle Artus
Moments de poésie entre jeux de lumières et reflets sur l’eau. Photo : Isabelle Artus

La nuit venue, la troupe Karnavires a déployé son spectacle pyrotechnique grand format devant le bassin. Une performance poétique où des personnages venus d’un pays aux longs chapeaux et aux tuniques colorées ont fait jaillir et virevolter mille feux.

Un spectacle créatif mais aussi très technique ce vendredi 1er juillet à Toulouse pour la Nuit de la lumière. Photo : Isabelle Artus
Un spectacle créatif mais aussi très technique ce vendredi 1er juillet à Toulouse pour la Nuit de la lumière. Photo : Isabelle Artus

Isabelle Artus

POUR  EN  SAVOIR  PLUS

Site du duo clownesque de la compagnie 24 carats 

Vidéo de la compagnie Karnavires 

L’ oasis de Maxime

 

Une oasis de verdure rafraîchissant en pleine ville. Crédits Photo : Isabelle Artus
Une oasis de verdure rafraîchissante en pleine ville. Crédits Photo : Isabelle Artus

Je rentrais chez moi en vélo par un bel après-midi de printemps, enfin ensoleillé.

En passant devant la vieille maison toulousaine, la seule du quartier des Mazades à garder son caractère intact, avec son grand jardin naturel aux  arbres centenaires sans doute, je vis un homme près du grillage. « Il y a quand même quelqu’un ici », pensais-je.

Souvent, je me suis arrêtée devant, véritable oasis en pleine ville, la végétation cachant ce carré de verdure tout en longueur et, au fond, la bâtisse se devinant entre les branchages.

D’une stature d’environ 1m80, élancé et costaud, l’homme était vêtu d’un jean usé, d’une chemise blanche légèrement ouverte et parlait avec un jeune homme noir, de l’autre côté du grillage. En me voyant arriver, il se tourna aussitôt pour rentrer chez lui et le jeune homme s’effaça, plus rapide que l’éclair, pour disparaitre. Je pris sa place derrière le grillage.

« Monsieur ! », « Monsieur ! » appelais-je d’une voix assez forte pour qu’il m’entende. Il se retourna et vint vers moi.

Comme il me fixait étrangement, je lui expliquais que j’étais nouvelle résidente du voisinage et que sa maison m’inspirais. « J’en vois beaucoup, des promoteurs immobiliers, vous savez ! », me lança t-il en grimaçant, jetant un œil observateur sur mon deux roues.

Puis, il me raconta sa vie dans un flot continu de paroles car il avait envie de discuter. Sa compagne était très avare, il connaissait bien le Jura et avait beaucoup randonné, surtout vers Nice. D’ailleurs, il connaissait bien la ville pour y avoir vécu jeune-homme. Il habitait alors dans une caravane, « vous savez, je travaillais toute la journée, c’était pratique ». Et beaucoup plus de souvenirs encore…

Aujourd’hui, le vieux voisin coupe du bois dehors et donne à manger à ses lapins angora. « Les gens font des trous dans le grillage pour les nourrir mais ils peuvent s’échapper, je leur ai déjà dit mille fois… »

 Alors que je lui faisais remarquer la beauté sauvage de sa propriété, l’unique véritable ilot de biodiversité restant du quartier, il reprit : « Ils veulent faire des lots. Quand je serais mort, on ne pourra plus rien, tous mes frères et sœurs ont déjà une maison, alors… ».

Mon voisin à 82 ans et nous l’appellerons Maxime.

Il connaît la valeur d’un arbre, le temps qu’il met à devenir adulte, l’ombre fraîche qu’il procure en été, les fleurs où les abeilles peuvent butiner, les papillons qui aiment à s’y attarder et les milliers d’insectes et petites bêtes qui le peuplent et l’enrichissent. Maxime vit en harmonie avec son environnement, sans le détruire, et il y vit heureux. Longue vie Maxime car nous aussi nous profitons de votre jardin !

Isabelle Artus

Culturepositive se fixe à Toulouse

Culturepositive prend la couleur de la brique rose. Le blog quitte Paris pour le Sud. Pour de bon. Le Sud-Ouest plus exactement et Toulouse précisément.

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La majestueuse Place du Capitole. Crédits Photo : Isabelle Artus.            

Un peu plus d’un mois déjà à Toulouse et une envie de raconter cette ville haute en couleurs, rurale et européenne, entre champs, montagne et mer.

Mais par quels mots en parler alors que je la découvre encore ? Et puis, Nougaro l’a tellement bien décrite que la barre est hors d’atteinte.

J’ai donc décidé de rendre l’exercice léger, partir l’appareil photo 55 mm en bandoulière et raconter de façon impressionniste mes premiers pas sur son sol.

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Avec les premiers beaux jours, les Toulousains profitent des rives de la Garonne. Crédits photo : Isabelle Artus 
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Crédits photo : Isabelle Artus 

Vous savez, ici les vieux ont des cannes.

Ici, on dit « au revoir et merci !  » au chauffeur en descendant du bus. Ici, la parole est large et facile, et d’ailleurs, c’est déjà beaucoup l’Espagne.

Ici, dans le métro, une voix vous annonce les stations en français et en occitan, cela chante d’une manière unique et puis la programmation musicale vibre plaisamment relax.

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Rue vers la place Saint Sernin. Crédits photo : Isabelle Artus

Hier, aux Minimes, un poivrot dans la rue m’a réclamé un peu d’argent « pour acheter de l’eau », l’air tout naturel. Ils n’ont pas froid aux yeux ici.

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L’hôtel renaissance d’Assézat, abrite depuis 1995 la fondation Bemberg, créée par le collectionneur humaniste George Bemberg. Crédits photos : Isabelle Artus   

A la fondation Bemberg, dans le joli hôtel d’Assézat, on peut voir les œuvres de très près sur deux étages. Quel plaisir et quel luxe ! En plus, il n’y a pas foule aujourd’hui dans les petites pièces en enfilade décorées de peinture renaissance à vénitienne du XVIIIe siècle, de Bonnard aux Fauves ; on se sent vraiment comme chez soi.

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Place dans l’hyper centre. Crédits photo : Isabelle Artus
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Rue médiévale avec des maisons à colombages. Crédits photo : Isabelle Artus         

Sur la magistrale place du Capitole, devant l’Hôtel de ville, les jeunes de #NuitDebout tiennent le pavé. Sur leur pancartes, on peut lire : « On capitule pas, on Capitole ».

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Les jeunes de #Nuitdebout en fin d’après-midi au Capitole. crédits photo : Isabelle Artus 
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Signalétique de récupération : le débat, c’est par là. Crédit photo : Isabelle Artus

Cela fait plusieurs nuits qu’ils ne dorment pas, discutent, votent, échangent. Ils veulent réinventer un monde meilleur et distillent leur courage et leur envie de faire bouger les lignes d’une société qui ne leur parle plus et qui peine à changer de forme. On se croirait en mai 68 en plus calme.

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Le vieux pont neuf sur la Garonne. Crédits photo : Isabelle Artus

Toulouse, « c’est encore plus beau la nuit », m’a t’on dit hier soir. Les voutes du Pont neuf, le plus vieux de la cité, comme il se doit, étaient éclairées de rouge flamboyant. Le voici de jour, magnifique aussi.

Sur la Garonne, les ponts dessinent de leurs grands bras des perspectives prolongeant le regard aux quartiers de chaque extrémité. Saint Cyprien a pour l’instant ma préférence avec ses ruelles et ses petites places charmantes.

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Rue à Saint-Cyprien, un joli quartier de Toulouse sur l’autre rive de la Garonne. Crédits photos : Isabelle Artus

En suivant les quais vers la place de la Daurade, la promenade devient bucolique. D’un côté la Garonne, l’eau et le beau pont neuf, de l’autre de belles façades d’appartements prisés.

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Façades romantiques sur les quais. Crésits photo : Isabelle Artus
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Les appartements, tous différents, donnent sur les platanes et la Garonne. Crédits photo : Isabelle Artus
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Crédits photo : Isabelle Artus

Une belle illustre sculptée dominant un portail par ici, une petite rue plus loin par là…

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En ville, de nombreuses figures ornent les portes et entrées d’anciennes demeures. Crédits photo : Isabelle Artus
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Un des charmes de Toulouse réside dans ses innombrables petites rues où on aperçoit parfois des jardins très secrets. Crédits photo : Isabelle Artus

Vers Saint Sernin, le cinéma d’art et d’essai ABC, rue Saint Bernard, affiche la présence de Raymond Depardon et sa femme productrice. Ils viennent présenter à la salle comble leur dernier film « Les habitants », « un film sur la parole », précisera le réalisateur qui signe à son habitude un film hors norme, à la manière du photographe sociologue mais muni de caméra.

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Cinéma d’auteur, débats avec les équipes des films, l’ABC est un repère du 7e art hors des sentiers battus. Crédits photos : Isabelle Artus

Ici , tout a été simple, facile de réserver les places, pas de cohue, une attente non contraignante : de nouveau cette sensation d’être privilégiée, mais non, en réalité, il s’agit simplement de juste mesure, une situation à taille humaine. Enjoy.

A deux pas de là, l’incontournable basilique romane Saint Sernin, est belle de l’extérieur comme de l’intérieur, avec ses volumes conçus pour accueillir les pèlerins en chemin vers Compostelle.

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La basilique Saint Sernin abrite les reliques de Saint Saturnin, saint patron de la ville de Toulouse, évêque et martyr, chef de file de la plus ancienne communauté chrétienne locale. Crédits photos : Isabelle Artus 
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Des concerts classiques ont régulièrement lieu à Saint Sernin. Crédits photos : Isabelle Artus
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La basilique Saint Sernin : « une fleur de corail que le soleil arrose » a écrit Claude Nougaro. Crédits photo : Isabelle Artus        

Dans le beau quartier des Chalets aux maisons bourgeoises, je croise en vélo la place de la Concorde, discrète celle-là, il faut connaître l’endroit pour ne pas le rater.

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Pas loin, le célèbre Café de la Concorde coule une belle existence depuis le 17ème siècle, paraît-il et quelques concerts par semaine.

La première balade toulousaine ne peut s’achever sans un hommage au grand Claude Nougaro qui mieux que personne a su trouver les mots pour dire Toulouse.

Isabelle Artus

Vidéo de Claude Nougaro chantant « Toulouse ».

Dernières nouvelles de la survie des abeilles 

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Alors que le combat pour la défense des abeilles continue à travers l’interdiction de l’utilisation de néonicotinoïdes, celui sur la préservation des abeilles noires locales progresse ! 

Il y a déjà bientôt un an,  » l’Assemblée nationale avait voté en faveur d’un amendement déposé par Gérard Bapt (Haute Garonne) et Delphine Batho (Deux-Sèvres), pour l’interdiction pure et simple des néonicotinoïdes à compter du 1er janvier 2016″, rappelle Pollinis, l’association indépendante et sans but lucratif qui milite pour accélérer la transition en agriculture durable en Europe, respectueuse de l’environnement et des pollinisateurs dont elle dépend. 

Cette grande avancée a été remise en cause ensuite par le vote du Sénat. Néanmoins, « le combat contre les Néonics se poursuit à l’Assemblée », relève Pollinis qui appelle à la mobilisation pour faire inscrire dans la loi une nouvelle interdiction des néonicotinoïdes en France dès la fin du mois de février. Lire leur article ICI 

Fortes avancées pour sauver l’abeille noire

Bonnes nouvelles du côté de l’abeille noire. Dans une publication récente, Pollinis rapporte leur réussite à « fédérer une dizaine de Conservatoires de l’abeille noire, notre abeille locale, aujourd’hui menacée ». L’association, spécialisée dans la défense de l’environnement et des pollinisateurs, précise que « l’abeille noire, abeille ouest-européenne, maillon essentiel de la biodiversité de cette zone, est confrontée à une course à la rentabilité à court terme qui privilégie l’importation d’abeilles souvent inadaptées à nos territoires et plus fragiles. »

Ces conservatoires « élèvent les abeilles noires au sein de ruchers préservés de toute hybridation génétique avec d’autres sous-espèces d’abeilles, ils défendent des pratiques apicoles respectueuses de l’abeille et de ses cycles de vie (pas de transhumance, pas de sur-nourrissement avec du sirop de sucre, etc.), et sensibilisent le public à la préservation de cette butineuse locale », explique Pollinis.

La fête de l’abeille noire

Cette fameuse abeille est aussi la star de la « Fête de l’abeille noire et des gastronomies traditionnelles et innovantes » à Pont-de-Montvert en Lozère. La deuxième édition a eu lieu les 7 et 8 novembre derniers. Regardez la vidéo ci-dessous.

Plus d’informations

Pour plus de détails sur les effets négatifs des néonicotinoïdes, voir l’article de Culturepositive sur le forum « Pour l’interdiction des néonicotinoïdes » du 24 juin 2015 à l’Assemblée nationale :

Isabelle Artus

Un road movie « En quête de sens »

Attention merveille du cinéma ! Le film « En quête de sens » de Marc de la Ménardière et Nathanaël Coste est un road movie qui s’interroge et nous interroge sur la marche du monde. Un film espoir, un film à voir. Prochaine séance ce soir à l’Ecole supérieure de commerce et de développement, 3A-PARIS. 

Tous deux sont amis d’enfance dans la vraie vie.  Ils sont partis rencontrer les acteurs du changement au niveau international. Mais pas n’importe qui : ils ont étés bien conseillés et sont revenus avec des témoignages de personnes ressources hors du commun difficile d’approcher car loin de nous géographiquement, parfois même particulièrement isolées : un biologiste cellulaire, un jardinier urbain, un chamane itinérant ou encore une cantatrice présidente d’ONG. Que pensent ces grands acteurs de la vie du développement du monde, ces personnes rares et de bon sens ? Elles nous aident à mieux réfléchir, à tracer nos chemins de vie, elles nous éclairent.

Le voyage initiatique de Marc de la Ménardière et Nathanaël Coste « sur plusieurs continents est une invitation à reconsidérer notre rapport à la nature, au bonheur et au sens de la vie », nous dit leur site que je vous conseille d’aller vite explorer, avant leur film.

Isabelle Artus

VOIR LE FILM

Jeudi 29 Octobre à 18h : projection du film « En quête de sens » suivi d’une rencontre avec Marc de la Ménardière, co-réalisateur du film

Pour réserver votre place : contact-paris@ecole3a.edu

Ecole supérieure de commerce et de développement, 3A-PARIS. 01 85 08 36

LES AUTRES PROJECTIONS

Les fils de la terre

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Au premier plan, Benjamin Brenière joue l’ami, le juge, le photographe et un infirmier. A gauche, Sandrine Deschamps, ici dans le rôle la femme, joue aussi la représentante en cosmétiques et à sa gauche, Vincent Remoissenet, le fils. Crédits photos : Benoit Bouthors

Il est rare de sentir la bonne odeur du foin au théâtre. Rare aussi de regarder les visages immobiles des agriculteurs, emmurés dans leurs silences, à l’heure de la soupe.

Au Théâtre 13, jusqu’au 18 octobre, la pièce « Les fils de la terre », adaptée d’un documentaire d’Édouard Bergeon et mise en scène par Élise Noiraud, plonge le public dans le quotidien rude et endetté d’une famille de paysans français.

L’histoire repose sur le conflit entre un père et son fils Sébastien, héritier du domaine agricole ancestral, qui refuse de perdre sa vie à redresser la ferme. Elise Noiraud, la metteuse en scène, montre dans cette « tragédie rurale », c’est ainsi qu’elle qualifie son oeuvre, le glissement du fils dans le désespoir.

Un théâtre social qui visite les thèmes essentiels de la filiation, de la transmission de la culture familiale, de ses valeurs et de ses biens, du choc générationnel entre un père préservant les traditions et son fils aspirant à la modernité, de la justice impitoyable, de l’amour et de la haine, de la séparation, du suicide.

La scénographie est marquée par le bel usage de la lumière (création lumières Philippe Sazerat)ouvrant et refermant chaque scène domestique. Le son tient aussi une place importante (création sonore François Salmon et Adrien Soulier) avec une voix off qui raconte et commente ce conte contemporain, jamais très loin du documentaire.

La mise en scène sobre tourne autour des lieux clé de l’univers de la ferme : la salle de traite, le tas de foin, la cuisine, et aussi, du salon de l’appartement du fils Sébastien et de sa femme, en contrepoint.

Au premier soir de représentation, le public a été conquis par ce spectacle qui a obtenu le Prix du Jury et le Prix du Public au Prix Théâtre 13 / Jeunes metteurs en scène 2015.

Isabelle Artus

Avec
Benjamin Brenière l’ami, le juge, le photographe, un infirmier,
François Brunet le père,
Sandrine Deschamps La femme, la représentante en cosmétiques,
Julie Deyre la mère, la traductrice, la sage-femme, l’animatrice radio,
Sylvain Porcher le juriste, l’acheteur hollandais, un infirmier
Vincent Remoissenet le fils.

Création lumières Philippe Sazerat, Création sonore François Salmon et Adrien Soulier, Costumes Mélisande de Serres, Décor Baptiste Ribrault

Site du Théâtre 13 

Projection du documentaire « Les fils de la terre » 

Un festival pour la paix

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La grande pagode bouddhiste du parc de Vincennes accueille le 1Oe Festival pour la paix, vendredi 18 septembre 2015. Crédits photo : Isabelle Artus

Le dixième Festival pour la paix ouvre ses portes jusqu’à dimanche 20 septembre à 20h00 à la grande pagode bouddhiste du bois de Vincennes, à Paris. Une programmation riche et rare de concerts, contes, conférences, films, ateliers de yoga, de calligraphie, massages… Un événement associé à la construction du Temple pour la paix de Normandie, voué à accueillir des manifestations dans un esprit inter-religieux.

 La grande pagode de Vincennes: le site est en soi un havre de paix et il la cultive. Sous l’imposant toit pointu trône un gigantesque bouddha doré.

Micro à la main, le vénérable Lama Gyourmé, initiateur de la construction du Temple pour la paix de Normandie, ouvre le Festival. Il explique comment il a découvert le site « propice à la méditation » pour « construire un temple dédié à la paix dans le monde » qui a reçu les soutiens du Dalaï-Lama et du Karmapa.

Maître authentique, Lama Gyourmé enseigne le bouddhisme tibétain en France depuis 1974, date à laquelle ses propres maîtres, Kalou Rinpoché et le XVIe Karmapa lui ont confié cette mission.

Né au Bouthan en 1948 et confié au monastère à l’âge de 9 ans, il a reçu les enseignements bouddhistes complétés par un solide apprentissage des arts traditionnels dont le chant.

« Si vous achetez 1000 CD par personne, on pourra financer les travaux », lance t-il, d’un ton malicieux dont les maîtres ont le secret, évoquant les disques qu’il a enregistrés avec le musicien Jean-Philippe Rykiel au profit du futur temple.

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L’architecture du futur Temple de Normandie s’inspire de celle, traditionnelle, de Samyé, premier Temple érigé au Tibet, fondé par Padmasambhava au VIIIème siècle. Crédits photo : Isabelle Artus

« Transmettre la paix intérieure » 

 « On va inviter chaque année tous les chefs religieux à faire des conférences-débats, pour expliquer comment transmettre la paix intérieure », informe-t-il.

Le temple bouddhiste de Normandie « ne sera pas seulement un espace limité à la rencontre des différentes écoles du bouddhisme, mais un lieu favorisant les échanges entre les traditions bouddhistes, chrétiennes, juives, musulmanes et autres éloignées comme celles des indiens d’Amérique du Nord et les aborigènes d’Australie… », explique le site web dédié au Festival pour la paix .

« La congrégation organisera des rencontres entre les représentants de ces traditions spirituelles pour mieux faire connaître la diversité et les valeurs communes à toutes ces familles de pensée : leur contribution à un monde meilleur, le respect et la dignité humaine, la tolérance mutuelle, la volonté de Paix et la non-violence », explique le site.

La soirée d’ouverture du Festival pour la paix s’est poursuivie par un concert rare avec Masuda Tomoko, chanteuse d’opéra et thérapeute ayant étudié la médecine traditionnelle tibétaine, accompagnée d’une très gracieuse musicienne, Viviane Bruneau-Shen et ses différents anciens instruments à cordes.

Le lama Gyourmé et le trio Sarasvati, des musiciennes de musiques traditionnelles de Mongolie et d’Asie-Centrale, les ont ensuite rejointes pour un mantra chanté.

Conférence  « Ecologie et spiritualité »

Mathieu Labonne, directeur de l’équipe opérationnelle du mouvement Colibris créé par Pierre Rabhi, est alors intervenu dans une conférence sur le thème :       « Ecologie et spiritualité ». « Je vous incite à changer vos modes de vie, un chercheur spirituel se doit de réfléchir à tout ça », a t-il déclaré , prônant une écologie du vivre ensemble qui commence d’abord par soi-même et une cohérence entre l’être et le faire. Pour lui, « Il s’agit de retrouver un sentiment d’unité avec le Vivant ». 

Le scientifique a insisté sur les trois domaines de nos vies sur lesquels nous pouvons agir pour obtenir un résultat efficace sur le changement climatique : L’alimentation, le transport, et le mode de chauffage. Les circuits courts, les transports propres, les nouvelles habitudes de vie, l’isolation des logis…Cela produira une réelle différence.

Mathieu Labonne a enfin rappelé le mythe grec de Prométhée, faisant allusion au déluge dont parlait cette légende, correspondant à l’arrogance de l’Homme : « ce que nous sommes en train de vivre », a t-il conclu.

Isabelle Artus

> La grande pagode de Paris est située 40, route de la ceinture du Lac Daumesnil, 12e.

Balade matinale en Languedoc

Une ribambelle d'escargots ont élu domicile sur les herbes les plus solides. Crédit photo : Isabelle Artus
Sur la départementale près de Vias, une ribambelle d’escargots a élu domicile sur les herbes les plus vigoureuses. Crédits photo : Isabelle Artus
Il a plu la veille dans la nuit et ce matin, le ciel est encore chargé de nuages noirs. La campagne respire la terre humide. Cette marche matinale à la sortie du bourg de Vias, en Languedoc, me remplit de bonheur.
Sur la départementale assez chaotique par endroits, je ne croise aucune voiture, juste un cycliste en habit de courreur professionnel et un joggeur aux foulées régulières.
Calme plat donc à l’horizon. Le bas-côté de la route est peuplé de ribambelles d’escargots à la queue leu leu le long d’herbes sèches et de fenouils sauvages, par grappes. De délicats petits liserons roses, d’autres blancs, colorent l’herbe de ci, de là.
Je passe devant le champs des deux poneys dont le propriétaire s’occupe avec soin et beaucoup de présence. Son jardin potager, au milieu, a belle allure ; de la route, on peut en apercevoir les pieds de tomates dépasser, tout droits.
Près de Vias, Languedoc. Crédits photo : Isabelle Artus
Bas-côtés près de Vias, Languedoc. Crédits photo : Isabelle Artus
Un vol d’une dizaine de petits oiseaux en voyage de groupe se met à raser l’herbe plus loin. Ils semblent s’amuser. Un coq lance son chant dont la partition coupe l’atmosphère aussi sec. La joie m’envahit. Ces bruits qui rythment la campagne constituent pour moi de réels repères d’équilibre, un vrai soulagement de l’âme.
Tout d’un coup, l’envie me prend d’observer la campagne environnante en profondeur. Pourquoi les papillons sont-ils si rares ici et de nos jours en général ? Les sauterelles ont-elles disparu ? Je n’en vois pas. Je me souviens qu’en Provence, tous rivalisaient de couleurs. Avec mon frère et ma soeur, nous adorions donner un peu d’élan aux insectes sauteurs en touchant doucement leur arrière-train. Certains étaient bleus, d’autres rouges, jaunes, et jusqu’au dernier moment, c’est-à-dire leur saut, on se demandait quelle couleur avait leurs ailes.
Rencontre avec un habitant des bas-côté vers Vias, Languedoc. Crédits photo : Isabelle Artus
Rencontre avec un habitant des talus vers Vias, Languedoc. Crédits photo : Isabelle Artus
Ici, les amandiers sont « caffis » de fruits secs, un mot d’ici qui veut dire « pleins », leurs peaux épaisses devenues noires entrouvertes, découvrant les coques blondes.
Arrivée au carrefour de la route qui mène à l’exploitation viticole abandonnée et son magnifique ancien bâtiment aux dimensions gigantesques, je décide de faire demi-tour. Le temps me manque.
Puis, le soleil opère une trouée qui change totalement l’atmosphère alentour. Tout d’un coup, il fait très chaud. La promenade se termine.
A bientôt au détour des chemins de campagne.
Isabelle Artus
Crédits photo : Isabelle Artus
Crédits photo : Isabelle Artus

Billet d’humeur printanière

Un crocus, dans les premières fleurs à sortir de terre au jardin partagé des Nouzeaux, à Malakoff. Photo : Isabelle Artus
Un crocus, parmi les premières fleurs à sortir de terre au jardin partagé des Nouzeaux, à Malakoff. Photo : Isabelle Artus

Depuis plusieurs jours, le printemps pointe le bout de son air près de Paris. Il sera là demain. Dans un ciel encore incertain, l’annonce des beaux jours gagne du terrain et flotte déjà de-ci, de-là. L’idée me vient d’écrire un billet d’humeur printanière, que voici.

Pourtant il fait gris, il pleuvote même, mais la nature bourgeonne et l’air est de nouveau accueillant. Une nouvelle respiration s’installe partout. Plus légère, plus fluide, on aurait envie de s’y baigner.

Dans le train qui va à Montparnasse, un ciré jaune rayonne debout, prêt pour sortir. Il réveille le regard, au milieu du noir et gris d’usage. Un peu plus tard, un vieil homme fait l’aumône dans le métro. Il est 9h30 du matin. Une jolie femme lisant un livre en arabe lui donne une pièce de monnaie. Une deuxième fait pareil. « Voilà les gens disposés à être généreux à cette heure », me dis-je.

Je réalise que je me sens portée par la belle saison qui arrive, avec la sensation interne que son énergie bienfaisante irradie.

Dans le Languedoc, les amandiers sauvages sont parmi les premiers à fleurir la campagne.  Photo : Isabelle Artus
Dans le Languedoc, les amandiers sauvages sont parmi les premiers à fleurir la campagne.
Photo : Isabelle Artus

Plus au Sud, le printemps est déjà là. Les amandiers sauvages sont les premiers à fleurir la campagne. Avec eux, les champs sont à la noce et des effluves de miel embaument l’atmosphère.

Quand le ciel est chargé, il fait frais dehors, ce qui nous fait dire que l’hiver n’est pas bien loin. Mais la nature, dans sa grande puissance de vie, annonce sa saison de renouveau et suit inlassablement son rythme de croissance.

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Isabelle Artus