Les intermittents du spectacle dans la rue pour défendre leurs droits

Malgré une pluie battante, entre 10.000 personnes selon la CGT-spectacle, 8.000 selon le SNJ-CGT et 3.000 selon la police, manifestaient à Paris pour la sauvegarde du régime spécial de chômage des intermittents du spectacle, jeudi 27 février.

Artistes et techniciens intermittents du spectacle refusent la suppression des annexes 8 et 10 du régime spécial de chômage, demandée par le Médef. Ce dernier, principal syndicat patronal français, veut faire basculer cette catégorie professionnelle au régime général de chômage. Elle serait trop favorisée à ses yeux et trop coûteuse.

Manifestation des intermittents du spectacle, le 27 février 2014 à Paris. Crédits photos : Isabelle Artus.
Manifestation des intermittents du spectacle, le 27 février 2014 à Paris.
Crédits photos : Isabelle Artus.

Dans le calme, le long cortège parti de la Place du Palais-Royal, proche du ministère de la Culture, traverse le Louvre et sa pyramide majestueuse. Rue des Saints pères, la pluie redouble et les parapluies s’ouvrent. Passé l’hôtel Lutetia, la colonne de marcheurs s’allonge pour aboutir aux portes de l’organisation patronale du Médef située à l’Ecole militaire, dans le très chic 7e arrondissement.

Fin de la manifestation des intermittents du spectacle devant les portes du Médef à Paris.  Crédits photo : Isabelle Artus.
Fin de la manifestation des intermittents du spectacle devant les portes du Médef à Paris.
Crédits photo : Isabelle Artus.

Quand on questionne les artistes sur leur vie professionnelle, rares sont ceux qui vivent bien de leur art. Un comédien bilingue de naissance qui joue en anglais comme en français, m’avoue qu’il travaille souvent pour Disneyland à Marne-La-Vallée, faute de cachets. Un petit boulot d’animation bien loin du théâtre, soupire-t-il. Chaque année, il se lance dans une chasse effrénée aux cachets. Ses contrats restent très discontinus.

Un autre comédien confie ne pas être payé lorsqu’il apprend son rôle chez lui. Cela peut lui prendre des semaines de travail. Son salaire démarre seulement au moment où il rejoint la troupe en répétition.

Spectacle éphémère dû au vent en bord de route de la manifestation des intermittents. Crédits photo : Isabelle Artus.
Spectacle éphémère dû au vent en bord de route de la manifestation des intermittents.
Crédits photo : Isabelle Artus.

En quoi le régime des intermittents du spectacle pourrait-il être aligné à celui de n’importe quel employé du régime général alors que leurs rythmes de travail, la rareté de celui-ci, la nature même des métiers, sont incomparables ?

Pourquoi défendre l’exception culturelle de la France, qui dope cette industrie de grande renommée internationale, et en même temps restreindre les conditions de vie des artistes ?

Isabelle Artus

Pour en savoir plus :

Le Monde du 27.2.2014

France 2 du 27.2.2014

Rue du conservatoire.fr du 19.2.2014

Les intermittents du spectacle dans la rue pour défendre leurs droits

Malgré une pluie battante, entre 10.000 personnes selon la CGT-spectacle, 8.000 selon le SNJ-CGT et 3.000 selon la police, manifestaient à Paris pour la sauvegarde du régime spécial de chômage des intermittents du spectacle, jeudi 27 février.

Artistes et techniciens intermittents du spectacle refusent la suppression des annexes 8 et 10 du régime spécial de chômage, demandée par le Médef. Ce dernier, principal syndicat patronal français, veut faire basculer cette catégorie professionnelle au régime général de chômage. Elle serait trop favorisée à ses yeux et trop coûteuse.

Manifestation des intermittents du spectacle, le 27 février 2014 à Paris. Crédits photos : Isabelle Artus.
Manifestation des intermittents du spectacle, le 27 février 2014 à Paris.
Crédits photos : Isabelle Artus.

Dans le calme, le long cortège parti de la Place du Palais-Royal, proche du ministère de la Culture, traverse le Louvre et sa pyramide majestueuse. Rue des Saints pères, la pluie redouble et les parapluies s’ouvrent. Passé l’hôtel Lutetia, la colonne de marcheurs s’allonge pour aboutir aux portes de l’organisation patronale du Médef située à l’Ecole militaire, dans le très chic 7e arrondissement.

Fin de la manifestation des intermittents du spectacle devant les portes du Médef à Paris.  Crédits photo : Isabelle Artus.
Fin de la manifestation des intermittents du spectacle devant les portes du Médef à Paris.
Crédits photo : Isabelle Artus.

Quand on questionne les artistes sur leur vie professionnelle, rares sont ceux qui vivent bien de leur art. Un comédien bilingue de naissance qui joue en anglais comme en français, m’avoue qu’il travaille souvent pour Disneyland à Marne-La-Vallée, faute de cachets. Un petit boulot d’animation bien loin du théâtre, soupire-t-il. Chaque année, il se lance dans une chasse effrénée aux cachets. Ses contrats restent très discontinus.

Un autre comédien confie ne pas être payé lorsqu’il apprend son rôle chez lui. Cela peut lui prendre des semaines de travail. Son salaire démarre seulement au moment où il rejoint la troupe en répétition.

Spectacle éphémère dû au vent en bord de route de la manifestation des intermittents. Crédits photo : Isabelle Artus.
Spectacle éphémère dû au vent en bord de route de la manifestation des intermittents.
Crédits photo : Isabelle Artus.

En quoi le régime des intermittents du spectacle pourrait-il être aligné à celui de n’importe quel employé du régime général alors que leurs rythmes de travail, la rareté de celui-ci, la nature même des métiers, sont incomparables ?

Pourquoi défendre l’exception culturelle de la France, qui dope cette industrie de grande renommée internationale, et en même temps restreindre les conditions de vie des artistes ?

Isabelle Artus

Pour en savoir plus :

Le Monde du 27.2.2014

France 2 du 27.2.2014

Rue du conservatoire.fr du 19.2.2014

Les enjeux de la nature en ville

SONY DSC« Les villes nature : utopie ou réalité ? » était le thème de la conférence publique de Natureparif  jeudi 6 février dernier, l’agence régionale pour la nature et la biodiversité en Ile-de-France, dans l’auditorium de la société nationale d’horticulture de France, rue de Grenelle, à Paris. 

En France, les villes prennent de plus en plus d’espace sur le territoire national et les trois quarts environ de la population y habitent. Selon l’Insee : « La superficie de l’espace urbain en métropole a progressé de 20 % environ en dix ans, passant de 100 000 à 119 000 km2. En 2010, les villes occupent 22 % du territoire et abritent 47,9 millions d’habitants, soit 77,5 % de la population ».

Les conditions de vie en ville sont donc fondamentales. Pendant deux heures, l’écologue Marc Barra et le chargé de mission Ecologie urbaine Jonathan Flandin, tous deux de Natureparif, ont exposé les nombreux services rendus par la nature en ville et donc aux citadins et alerté sur sa nécessaire sauvegarde par une gestion écologique.

La réduction de l’effet « ilots de chaleur urbain »

Pour Jonathan Flandin, en ville, la végétation réduit l’effet « ilots de chaleur urbain », augmente l’hygrométrie (humidité de l’air) et le stockage du dioxyde de carbone ou CO2, un des principaux gaz à effet de serre.

Elle régule aussi la qualité de l’air et les pathogènes, les agents infectieux comme par exemple l’anophèle, le moustique qui transmet le paludisme, poursuit le chargé de mission Ecologie urbaine. La nature intervient aussi dans le processus de désimperméabilisation des sols (Strasbourg), a-t-il ajouté.

Des pratiques qui tuent le vivant

L’exposé a ensuite dressé une liste de pratiques qui tuent le vivant. Insecticides, fongicides, herbicides, parasiticides, phytopharmaceutiques … De la « pollution aux pesticides », précise Jonathan Flandin. Les jardiniers amateurs seraient les premiers en cause, suivis des collectivités de la voirie et des espaces verts puis de la SNCF, la DDE.

Des impacts sur la santé

Ces produits chimiques auraient des impacts sur l’homme et sur l’environnement, développe Jonathan Flandin, qui cite une étude de l’Inserm, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. L’usage des pesticides, par exemple, représente selon lui, 30 % des contaminations de l’eau.

Il a ensuite évoqué la règlementation avec notamment l’arrêté du 27 juin 2011 qui interdit l’usage de certains produits dans des lieux public ou sensibles comme des hôpitaux. Cependant, a-t-il dit, en Ile-de-France : « la grande majorité est engagée dans une demande de réduction ».

Comment agir pour une gestion écologique ?

Des solutions comme multiplier les habitats et micro-habitats offrent une place à la faune et la flore rendent favorable la biodiversité en milieu urbain. Les prairies, éco-pâturages (Lille, Montreuil), les haies dites « champêtres », constituent autant de corridors écologiques.

Dans les coulées vertes, routes, voies ferrées, marres, murs et murets en pierre viennent se nicher des espèces. Il est possible aussi d’aménager des abris pour la faune comme des hôtels à insectes, des tas de bois où logeront d’autres animaux.

Ne pas oublier de communiquer

Après la mise en place de ces (bonnes) actions, il est essentiel de communiquer, conclut Jonathan Flandin. Sur le terrain : « des panneaux à messages : « Ici, espace sans pesticides », peuvent être créés par les classes d’écoles » et avoir une dimension éducative.

La place de la nature dans le bâti

L’écologue Marc Barra a poursuivi la conférence publique « Les villes nature : utopie ou réalité ? » sur le thème de la place de la nature dans le bâti. L’importance de l’énergie grise, c’est-à-dire celle dépensée à la production et à la fabrication des matériaux ou des produits, l’utilisation de matériaux bio sourcés, les plantes du processus d’épuration des eaux…

Marc Barra  a clos son exposé en annonçant le thème de la prochaine conférence publique sur les pesticides, le 20 mars prochain, 84, Rue de Grenelle, 75007 Paris.

Isabelle Artus

Pour en savoir plus 

Programme 2014 des conférences Natureparif

Etat de santé de la biodiversité 2012-2013 (Natureparif)

Diagnostic de l’état de santé biodiversité francilienne (Natureparif)