« L’Effet Bekkrell », naissance d’un style

"L'effet Bekkrell" au théâtre Monfort. Crédit photos :  Massao Mascaro
« L’effet Bekkrell » au théâtre Monfort. Crédit photos : Massao Mascaro

L’« Effet Bekkrell (titre instable) », premier spectacle du jeune groupe Bekkrell, est total, fort, personnel, nouveau. A découvrir vite, jusqu’au 16 mai !

Du Bekkrell plein les sens et un titre instable, le ton est donné. Elles sont quatre, fascinées par la radioactivité et surtout par le caractère déséquilibrant de la matière et des relations. Débordantes d’énergie créatrice, leur premier spectacle remporte un franc succès au théâtre Monfort, malgré l’absence pour blessure d’un des piliers du quatuor.

Artistes, camarades, amies, acrobates, femmes, blagueuses, curieuses, affreux jojos, élèves, elles se sont rencontrées en 2009 au centre national des arts du cirque de Châlon-en-Champagne et ont monté l’aventure du groupe Bekkrell.

A travers elles, la scène est un immense champs d’investigation, elle vibre, résonne, se fait et se défait, à grands coups et à grands bruits -parfois amplifiés- de ferraille, on se croirait transportés sur des chantiers navals et cela tangue fort par moments comme sur un bateau en difficulté. Le spectateur suit alors ce rythme fait de tempête, chaos, calme, tempête, chaos, calme….

Grande créativité et beaucoup d'humour pour le spectacle "L'effet Bekrell", du groupe du même nom, au théâtre Monfort.
Grande créativité et beaucoup d’humour pour le spectacle « L’effet Bekrell », du groupe Bekrell, au théâtre Monfort.

Un mât chinois pour l’une qui parle aussi une langue non encore répertoriée, un fil où danse, s’éclate, dort, enfin, vit, la deuxième, une troisième qui fonctionne à l’explosion, de rire, de nerfs et réalise des pirouettes volantes, une dernière en démonstration d’apesanteur sur sa corde.

Pierre Meunier, homme de théâtre et metteur en scène à l’univers puissant, signe, à travers son regard et ses conseils, une mise en scène remarquable sous forme de fresque théâtro-circassienne par tableaux captivants.

La musique accompagne avec brio le spectacle, impose sa partition quand il le faut et ose le mélange ultra moderne-opéra qui participe à envouter un peu plus l’atmosphère.

Un vent de poésie souffle tout au long de ce spectacle-performance inédit. La lumière y joue un beau rôle. Elle semble puisée directement de la haute mer, des phares et balises lumineuses flottantes et nous embarque. La scène finale de naufrage rappelle à plusieurs titres « Le radeau de la méduse » du peintre Géricault et la beauté de ses couleurs de soleil rasant dans le noir fait mouche.

Isabelle Artus

« L’effet Bekkrell » au théâtre Monfort

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