Bill Viola, sculpteur de temps – Isao Takahata, réalisateur d’un merveilleux conte animé

L'ascension de Tristan (Le son d'une montagne sous une chute d'eau). 2005. Projection vidéo de 10 minutes 16 secondes. Crédit photo : Kira Perov
L’ascension de Tristan (Le son d’une montagne sous une chute d’eau). Bill Viola 2005. Projection vidéo de 10 minutes 16 secondes. Crédit photo : Kira Perov

Il n’y a jamais eu de rétrospective aussi importante de Bill Viola, représentant majeur de l’art vidéo, que celle du Grand Palais, actuellement à Paris. Né en 1951, « en même temps » que cette discipline, il dit dans son journal en 1989 : « sculpter du temps. Le temps est la matière première du film et de la vidéo (…) ce que l’on travaille, c’est du temps ».

L’exposition commence par une phrase du sage soufi Ibn Arabi : « Si tu t’engages dans le voyage, tu arriveras ». D’emblée, l’évocation de la spiritualité montre la caractéristique universelle de l’artiste.

C’est d’ailleurs un voyage en trois phases que propose l’exposition : Qui suis-je ? Où suis-je ? Où vais-je ? A travers ses « tableaux en mouvement », Bill Viola pose ces trois questions métaphysiques. Il donne à penser, lentement, dans la pénombre intime de l’espace, dépouillé par une mise en scène minimaliste. Le regardant peut ainsi rentrer dans l’oeuvre et y capter ce qui sera pour lui l’essentiel.

Le désert, l’eau, la vieillesse, la mort, la renaissance, sont des thèmes qui reviennent souvent dans le travail de l’artiste.

Cet adepte du slow motion, un mouvement très lent de l’image, amène le spectateur à rester longtemps devant ses oeuvres pour en percevoir le changement. Il vit alors une expérience semblable à celle de la contemplation, évoquant la méditation, une thème cher à l’artiste. Ses oeuvres vidéo durent cinq, dix huit, vingt trois, trente cinq minutes ; pour Bill Viola le déroulement de l’évènement est primordial, le « comment », ou l’expérience, en quelques sortes.

« Going Forth By Day, 2002 » est une installation très spectaculaire. Dans une salle rectangulaire longiligne, le public assis par terre regarde des projections à même les murs. Il y en a cinq, une sur chaque mur, à la manière des fresques de la Renaissance italienne. Le baptême du feu, le chemin, le déluge, le voyage et la première lueur, pourront être vus durant 35 minutes, ensemble ou séparément.

« The path », le chemin, se déroule comme une immense fresque occupant des mètres de large du mur le plus grand. On y voit un fleuve continu de personnes avançant dans une forêt. Ils sont ensemble mais ne se parlent pas et marchent droit devant vers une destination et un destin inconnus.

L’exposition Bill Viola a lieu au Grand Palais à Paris jusqu’au 21 juillet 2014.

« Le conte de la princesse Kaguya », merveilleux chef d’oeuvre

Il était une fois au pays du soleil levant, une merveilleuse histoire ancestrale, énormément de coup de crayons, une minuscule princesse et un vieil homme attachant.
« Le conte de la princesse Kaguya », dessin animé du réalisateur japonais Isao Takahata, mérite ô combien d’être vu tant il est magique dans sa forme comme dans son fond

Ne croyez pas que nous allons tout vous raconter. Juste assez pour vous donner envie de courir voir ce film au cinéma.

Le bambou scintille comme l’or au soleil

Le vieil homme vit près d’une forêt de bambous. Il travaille dur à les couper.
Un jour, il en remarque un qui scintille comme l’or au soleil. Ebloui et étonné, il décide de donner quelques coups de hache pour voir ce qui à l’intérieur.

Oh surprise ! Une minuscule enfant aux yeux bridés est logée au creux du bambou. Persuadé que le ciel la lui envoie, il la prend dans sa main et la ramène chez lui pour bien s’en occuper.

La princesse miniature grandit à vue d’oeil

Cette créature miniature détient un secret : elle grandit a vue d’oeil !

Elle découvre alors la vie avec émerveillement. La beauté de la campagne environnante, l’éclosion des premières fleurs du printemps, le doux bruit de l’eau qui coule, les petites bêtes joueuses…

Le vieil homme, persuadé que son destin est de vivre à la cours du roi, l’oblige à quitter les champs pour la ville. Elle sera vêtue des plus belles soieries, recevra la meilleure, éducation.

Le spectateur suit la petite protégée dans son voyage initiatique. Celle-ci va bientôt devenir la princesse Kaguya, admirée pour sa grande beauté et très convoitée par de nombreux prétendants. Dotée d’un caractère bien trempé, elle s’amusera à déjouer les ruses et embuches rencontrées en chemin…

 Renommée internationale avec « Le Tombeau des lucioles »

Le réalisateur japonais Isao Takahata est particulièrement connu en occident pour son film « Le Tombeau des lucioles », sorti en 1988. Il a longtemps travaillé avec son confrère Hayao Miyazaki, co-fondateur du studio Ghibli qu’il rejoindra dans les années 80.

Il réalise « Horus, prince du soleil » en 1968,  « Kié la petite peste » en 1981, « Goshu le violoncelliste » en 1982, « Les souvenirs ne s’oublient jamais« , film intimiste et naturaliste, « Pompoko » en 1994, « Mes voisins les Yamada » en 1999 et met en scène « Les aventures de petit panda » sorti en Europe en 2004.

Isabelle Artus

Pour voir le film

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