La danse et le corps à l’honneur dans Culturepositive

Assister à un spectacle de la compagnie de Maurice Béjart est un bonheur toujours renouvelé. Transposé en plein air dans les gracieux jardins de l’Orangerie du Château de Versailles, cela devient magique.

Dans le cadre du Versailles festival, les nuits de l’Orangerie ont présenté les 18 et 19 juin derniers un programme en trois parties, merveilleusement dansé par le célèbre Ballet suisse.

Imaginez-vous le Château de Versailles et son immense beauté. Sur le côté, les jardins symétriques de l’Orangerie forment un écrin naturel au spectacle, cerclé des murs de pierres blondes de l’édifice royal.

Sous la voute céleste d’un des beaux jours les plus longs de l’année, le public assis sur les gradins, fait face à une grande scène circulaire. Derrière, le jardin et le château, léché par les rayons du soleil descendant.

Aux Sept danses grecques, sublimées par un magnifique danseur étoile, se sont succédés Bhakti III, terriblement sensuel, puis le légendaire et envoutant boléro de Ravel.

Le chorégraphe Béjart précisait, à propos de sa conception de l’œuvre de Ravel : « Une mélodie – d’origine orientale et non espagnole – s’enroule inlassablement sur elle-même, va en augmentant de volume et d’intensité, dévorant l’espace sonore et engloutissant à la fin la mélodie».

Inoubliable.

Le Versailles festival a lieu jusqu’au 8 juillet.

Hommage à Thérèse Bertherat, fondatrice de l’Antigymnastique®

Thérèse et Marie Bertherat. Photo : Jean-Marc Lefèvre.
Thérèse (à gauche) et sa fille Marie Bertherat. Photo : Jean-Marc Lefèvre.

« Notre corps est nous-mêmes. Il ne s’oppose pas à notre intelligence, à nos sentiments, à notre âme. Il les inclut et les abrite ». Cette citation lumineuse est issue du livre de Thérèse Bertherat : « Le corps a ses raisons », paru en 1976. On pouvait la lire lundi 16 juin, à l’église Saint-Jacques du Haut-Pas à Paris, au dos de la carte d’hommage à cette femme exceptionnelle, décédée le 19 mai 2014.

Kinésithérapeute de formation, Thérèse Bertherat a créé dans les années 1970 sa propre méthode de prévention corporelle, l’Antigymnastique® ou Antigym®, fondée sur l’écoute et la connaissance du corps.

« Enfin quelqu’un a trouvé les mots pour parler aux gens de leur corps ! », « Enfin quelqu’un tient autant compte des raisons psychiques que des déformations et des causes mécaniques du mal », commentera la critique.

Des témoignages venus des quatre coins du monde ont honoré la mémoire de cette femme hors du commun, comme celui d’Ana Pineiro, praticienne et formatrice certifiée en Espagne  : « Une femme unique, discrète et courageuse qui a su nager à contre-courant et créer avec vision, engagement et persistance, l’Antigymnastique®… ».

Sa fille, Marie Bertherat, a repris le flambeau. Elle m’expliquait, dans un entretien à RFI.fr, quelques uns des principes de base de la méthode :

« Par des mouvements simples et de petites amplitudes, on entre en contact avec chaque partie de son corps. Nos perceptions s’affinent. On comprend les liens entre ses pieds, ses hanches, son dos, sa nuque. En même temps, on apprend à déloger soi-même des tensions musculaires, parfois ignorées. Le corps devient plus mobile. Tout cela donne une grande confiance », précisait t-elle.

« Tant qu’on est vivant, la musculature est malléable, on peut travailler sur les muscles. Chacun à son rythme, à sa manière », concluait la fille de Thérèse Bertherat et héritière de cette méthode unique.

Isabelle Artus

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