Azimut, un spectacle suspendu entre ciel et terre

"Azimut" d'Aurélien Bory. Crédits photo : Agnès Mellon
« Azimut » d’Aurélien Bory. Crédits photo : Agnès Mellon

Il est rare qu’un spectacle traite de la quête spirituelle soufie. C’est le cas d’Azimut, mis en scène par Aurélien Bory avec les artistes du groupe acrobatique de Tanger, au théâtre du Rond-Point, jusqu’au 29 juin. Il soulève la question profondément humaine et universelle de la place de l’homme dans son environnement, du plus proche au plus infini.

Azimut signifie à la fois une mesure physique et « le chemin », comme l’indique la racine de ce mot arabe, « As-samt ». En astronomie, la direction d’un objet céleste peut être donnée par son azimut ; en navigation, on le mesurait à l’aide d’un compas pour s’orienter.

Aurélien Bopry a fondé en 2003 le Groupe acrobatique de Tanger avec Sanae El Kamouni. Crédits photo : Aglaé Bory.
Aurélien Bory a fondé en 2003 le Groupe acrobatique de Tanger avec Sanae El Kamouni.
Crédits photo : Aglaé Bory.

Aurélien Bory a travaillé dans ce spectacle avec onze acrobates et trois musiciens traditionnels.  On les appelle « Les enfants de Sidi Ahmed Ou Moussa », un célèbre sage soufi du XVIe siècle et saint patron de l’acrobatie marocaine. Cette discipline est issue d’une pratique rituelle berbère composée de figures circulaires et pyramidales impressionnantes.

Tout évoque dans cette création la -et les- directions sur la route de l’homme, sa position, sa place dans l’espace et le temps, ses choix ou non-choix dans la vie, l’évocation de sa recherche philosophique.

Dans un entretien de présentation de son oeuvre, Aurélien Bory confie : « Les lois physiques et géométriques inspirent inlassablement mon travail. Mon théâtre est basé sur la relation entre l’homme et l’espace ».

Dans cette scène, des sacs noirs remplis tombent au sol et remontent au ciel dans une chorégraphie spatio-temporelle hypnotique. Crédit photos : Aglaé Bory.
Dans cette scène, des sacs noirs remplis tombent au sol et remontent au ciel dans une chorégraphie spatio-temporelle hypnotique. Crédit photos : Aglaé Bory.

La mise en scène est symétrique et très visuelle. Les artistes, d’une grande agilité, suivent des rythmes répétitifs presque hypnotiques, à l’image de la scène où ils avancent en faisant la roue à vive allure. Le spectateur assiste alors à un va-et-vient incessant de figures, tour à tour tournoyantes puis calmes, qui marchent au pas.

Les acrobates défient aussi les lois de l’apesanteur, se retrouvant comme accrochés au mur, ou suspendus au plafond à l’horizontale. Ils restent ainsi inertes un moment et semblent dans une autre dimension.

Aurélien Bory livre ici une oeuvre singulière. Elle marque la continuité de son travail avec cette troupe  de Tanger. Il y avait créé il y a neuf ans Taoub, la première écriture contemporaine d’acrobatie marocaine, qui avait donné naissance au groupe acrobatique de Tanger.

Crédits photo : Aglaé Bory.
Crédits photo : Aglaé Bory.

Isabelle Artus

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