Printemps, bonheur et grande pollution

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Tiens, le printemps est arrivé ! Hier, jeudi 20 mars 2014. Comme pour le signifier, le ciel avait revêtu son bleu immense dans lequel les yeux aiment à se plonger.

Jolie coïncidence, on fête aussi la journée mondiale du bonheur. Au réveil, l’envie me prend d’interviewer des personnes dans la rue, un micro-trottoir, en somme, qui se voudrait juste léger.

« Le bonheur, en deux mots, vous diriez-quoi ? » Mon interlocutrice sourit. Ce thème lui plait. Pourtant, l’auto censure l’emporte. Doutes, hésitations. Sa trop grande réflexion amène la lourdeur puis le blocage des réponses espérées. Le bonheur résumé en quelques perles de vie instantanées attendra.

La santé et l’amour

Plus loin, un cafetier derrière son zinc est disponible, passé le feu du service du déjeuner. Je ressors de ma besace mon bonheur en quelques mots. L’idée le ravit. « Ah, c’est la santé et l’amour ! » me répond-il aussitôt.

Puis, la vision de mon enregistreur sonore qui gravera ce beau moment de vie l’effraye : « Ah, non, je ne veux pas être filmé ! » me dit-il, d’une réaction automatique. Petite négociation de comptoir. « Il n’y a pas d’image, vous savez … ». Rien à faire, je ne trouverais pas mon bonheur ici. Mon heureuse mais pas si simple thématique en suspens, je repars, songeuse.

Au journal de 13 heures, je m’aperçois que France 2 a eu la même idée que moi. Eux, ont ciblé les petits, naturellement spontanés et insouciants. Qu’est-ce-qui rend heureux les enfants ? : « Jouer avec mon copain », dit-l’un. « Et que Pierre ne m’embête pas » rajoute t-il, avec une petite moue grinçante.

En harmonie avec soi-même

« Embrasser ma maman » répond une fillette enlacée à sa mère, « manger une glace », articule un gourmand. Il est là le bonheur, tout simplement, sorti de la bouche des plus jeunes qui disent facilement les mots essentiels, comme ils les sentent.

A mon tour de lister pêle-mêle, à la manière d’une revue de presse, mes bonheurs de la semaine.

Ouvrir les yeux le matin en musique, accompagnée d’une belle chanson du nouvel album d’Elysian fields : «For House Cats And Sea Fans», préfigure une bonne journée.

Le printemps de retour ! Une des meilleures nouvelles car il s’accompagne, espérons-le, d’une météo clémente : température idéale et hautes lumières au dessus de nous.

Pollution à grande échelle et circulation alternée

Bien-sûr, le récent épisode de grande pollution sur la France entière, ne rend pas heureux mais la mesure de circulation alternée redonne espoir. Le gouvernement a décidé de limiter les véhicules motorisés dans certaines villes, à cause d’un taux de particules fines trop élevées. Il serait dû pour beaucoup à la pollution des voitures et camions Diésel.

Lundi 17 mars dernier, jour impair, les véhicules aux plaques d’immatriculations impaires devaient conduire. Le lendemain, jour impair, aurait été le tour des voitures paires.

J’ai testé et senti la différence. Adepte du vélo, ma toux chronique samedi 15, et dimanche 16 mars s’est arrêtée le lendemain, jour de la circulation alternée. Périphérique et rues fluides, beaucoup moins de pollution sonore aussi pour le passant, moins de stress ressenti.

Regrettons-juste que cette mesure n’ait duré qu’un seul jour. Pourtant, elle a été abondamment annoncée et relayée, pour finir noyée dans sa sur-médiatisation. La météo s’étant améliorée, les conducteurs ont pu reprendre le volant comme avant.

Une étude est en cours. Attendons les résultats et espérons une décision politique forte en faveur du refus de la pollution et pour le droit de chacun à respirer un air qui ne soit pas malsain. Une évidence qu’il devient urgent de rappeler.

Isabelle Artus.

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