Intermittence du spectacle : entretien avec Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT-Spectacle.

Les intermittents du spectacle sont toujours en colère, en cette fin de premier trimestre 2014, à l’heure des négociations de révision de l’assurance-chômage. Qu’est-ce qui caractérise cette catégorie professionnelle ? Culturepositive se penche sur leurs profils, avec leurs témoignages et ceux de différents acteurs de leur vie professionnelle. Entretien avec Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle.

En France, « les intermittents du spectacle représentent 3,5 % des demandeurs d’emplois indemnisés », selon Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle. « Sur 3,2 millions d’indemnisés en tout, les intermittents sont 112.000. Pôle Emploi dépense environ 1, 3 milliard pour eux sur les 37 milliards de dépenses d’indemnités par an, tous métiers confondus », ajoute-t-il.

Discontinuité des contrats et crise

L’intermittence du spectacle est touchée par deux facteurs principaux, explique Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT-Spectacle. D’abord : « le côté structurel, dû à la discontinuité des contrats à durée déterminée et des CDD à usage. Les embauches se font au projet et les ils sont courts », témoigne t-il. « Un musicien, par exemple, travaillera par période d’une journée à quelques semaines d’affilée et aura environ 10 à 20 employeurs dans l’année ».

Ensuite : « le côté conjoncturel, avec la crise qui ralentit les projets culturels. Dans le privé comme dans le public, les financements ont baissé et le volume d’emplois avec », explique Denis Gravouil.

En plus, « le turn over est énorme dans ces professions », confie le secrétaire général de la CGT spectacle.

Les femmes intermittentes : grandes perdantes

Les femmes intermittentes, techniciennes et artistes (Annexe 8 et 10 de l’assurance chômage) sont les grandes perdantes, confie t-il, car « elles représentent un tiers seulement des allocataires. Il y a là un gros problème de société », pointe-t-il.

Manifestation des intermittents du spectacle le 27 février 2014 à Paris.
Manifestation des intermittents du spectacle le 27 février 2014 à Paris.

« Pour les comédiennes, par exemple, passé trente ans, le nombre de rôles féminins diminue » ajoute Denis Gravouil. D’autre part, les femmes artistes et techniciennes ont beaucoup de difficultés à concilier congés maternité et carrière.

Culturepositive aura l’occasion de connaître de plus près la vie des artistes à travers leurs témoignages. Ils et elles confieront leurs difficultés et aussi à quel point leurs métiers les passionnent.              Isabelle Artus

Pour en savoir plus :

Rue 89 / Le Nouvel Observateur 

 

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